2M, Qadi Iyad, et papier hygiénique: Le doux transit vers l’obscurantisme…

Sous nos latitudes, il y a comme du « Charlie » dans l’air. C’est à croire que le pays est encore loin d’avoir réussi à se débarrasser des remugles de l’obscurantisme qui l’ensanglantent. Pas la peine de revenir sur le drame d’Imlil, ni de courir derrière les convois que le PJD a mobilisé pour investir Fès où la justice était appelée à solder le dossier du meurtre d’Aït Al Jid, pour se faire une idée sur « la spécificité » marocaine. Lorsque l’échec de l’islamisme politique, y compris dans sa dimension djihadiste, est vomi le long de l’espace arabe, il se trouve des pinailleurs bien locaux qui n’ont rien à faire sauf à vouloir en finir avec l’humour, ce trait propre à l’homme.

Allez savoir pourquoi de prétendus « foukaha » sont montés au créneau pour dénoncer Zouheir Zaer, humoriste qui a contribué à animer la soirée de fin d’année sur 2M. Non parce qu’il s’est attaqué de front aux pâtissiers qui ont osé mettre en garde leur clientèle contre les bûches de Noël, ce qui représente un comble pour un pays dont la doxa insiste sur le respect de toutes les révélations.

Mais parce qu’il a tourné en dérision ceux qui, avant de mettre leur postérieur sur la lunette des WC, psalmodient. Et on ne parle même pas de ceux qui, à califourchon sur les toilettes turques, récitent les versets susceptibles d’éloigner Satan des latrines. Le très mal léché humoriste a cru bien faire de citer Qadi Iyad dont les livres pourraient être d’un bon secours pour tous ceux qui croient en les vertus d’un bon transit. Mal lui en pris, lui qui, de la sorte, a osé souiller la mémoire de l’un des « sept saints » de Marrakech.


C’est déjà limite si l’humoriste essuie, par devers lui, les foudres de la Géhenne auxquels les salafistes de tous bords le vouent. Mais l’inacceptable, c’est lorsqu’une socialiste, mal inspirée, a interpellé le ministre de la Culture sur le même dossier. En exigeant le respect de la horde des « Ouléma » que le pays a engendrée au fil des siècles avec, à leur tête, l’illustre représentant des « Sept sages » de Marrakech. Le groupe USFP au sein du parlement a-t-il été associé à cette interpellation pour le moins curieuse alors que les Marocains sont en droit de remettre en cause leur legs culturel ? Le coup du Qadi Iyad n’est pas sans rappeler celui déjà tiré par le gouverneur censeur de la capitale des Almoravides contre un essayiste qui n’a eu de tort que de remettre en cause Abou Horayra et sa production diarrhéique. En quoi cette pression sur l’intelligence de nos semblables est-elle capable de réduire en ruine l’héritage culturel et cultuel du pays ?
Curieux que cette prétention que développent d’aucuns à vouloir régenter à la place des Marocains ce qui fait leur ciment… L’Islam étant, en définitive, une religion qui facilite et ne complique pas la vie. En attendant d’y voir clair, ceux qui sont habitués d’écorner les carnets de voyages d’Ibn Batouta au petit coin devraient se ressaisir. En jetant leur dévolu sur… « Charlie Hebdo ». Allez, tirons la chasse !

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