38è vendredi de contestation populaire en Algérie : Dénominateur commun, le rejet de la présidentielle…
38è vendredi de contestation populaire en Algérie : Dénominateur commun, le rejet de la présidentielle…

Un vendredi de contestation de masse de plus en Algérie. Mais un vendredi singulier qui intervient sept jours après l’annonce officielle des candidats retenus pour le scrutin. Et au lendemain d’une sortie médiatique de l’homme fort de l’Algérie actuelle, Ahmed Gaïd Salah.

Samedi dernier, au lendemain de la démonstration de force du Hirak dans les rues d’Alger qui a commémoré autrement la fête de l’indépendance, l’Autorité indépendante d’organisation des élections (Anie) a communiqué sur les candidatures retenues pour la présidentielle de décembre que la masse conteste.
Il s’agit de Ali Benflis, Abdelmadjid Tebboune, Azzedine Mihoubi, Abdelkader Bengrina et Abdelaziz Belaïd. Quatre des candidats ont été ministres ou Premiers ministres de Bouteflika et le cinquième l’a soutenu à fond durant ses quatre mandats.
Le mot d’ordre des manifestants est le même depuis plusieurs semaines et tourne autour du rejet du scrutin et partant de ceux qui y souscrivent.
Les Algériens exigent la fin du système et la mise en place d’une 2è République, signe révélateur d’une réelle indépendance.
À contrario, le Général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, insiste, de nouveau, dans un discours prononcé jeudi 7 novembre à Alger, sur la tenue du scrutin électoral, prévu le 12 décembre.
Il a chargé ce faisant et bille en tête ses opposants, en les accusant de vouloir détruire les fondements de l’Etat, à travers le slogan « Etat civil et non militaire ».

En effet, plusieurs villes du pays (Alger, Oran Annaba, Constantine, Mostaganem, Bejaia, Bouira, Tizi Ouzou, Jijel, Blida, Mascara…) ont vibré au rythme d’une contestation qui exige le changement radical du système qui, à défaut d’abdiquer, persiste à présenter les présidentielles comme la solution miracle à tous les maux.
On est donc toujours en présence d’un face à face où les termes de l’équation algérienne paraissent bien inconciliables.
Les manifestants qui ont bravé les caprices d’une météo peu clémente réclament un véritable changement.
La détermination à exprimer « le rejet des élections du 12 décembre qui sont loin d’être crédibles », reste donc intacte.
Malgré le tour de vis répressif que le système n’hésite pas à actionner pour dévitaliser une colère de masse.
On signalera que trois manifestants ont été arrêtés, ce 8 novembre, par la gendarmerie à Reghaïa, à l’est d’Alger, pour détention du drapeau amazigh, annonce le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) dans un communiqué.
Deux des trois manifestants arrêtés ont été relâchés, le troisième sera présenté dimanche à la justice.

En tout cas, force est de souligner que si le Chef d’Etat-major de l’armée algérienne tente de discréditer ses opposants en les accusant de vouloir « détruire le lien de confiance solide entre le peuple et son armée et à semer la discorde entre eux, afin de compromettre, aisément, l’avenir de l’Algérie », les manifestants n’ont manqué de réagir à ses propos.
En rendant hommage aux soldats chouhadas du devoir national tombés à Tipaza. Et en exigeant l’élargissement du plus emblématique des résistants, Lakhdar Bouregâa, ce symbole commun à la révolution de 1954 et celle en cours, qui a été arrêté et jeté en prison.
L’image du vieux maquisard n’a pas quitté les rues alors que le plus vieux militant du Hirak algérien a été hospitalisé pour subir une intervention chirurgicale.
Autant dire que son état de santé s’est dégradé et risque d’empirer…

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