46ème mardi de la colère en Algérie: Déterminés, les étudiants battent toujours le pavé
46ème mardi de la colère en Algérie: Déterminés, les étudiants battent toujours le pavé

  Ceux qui aspiraient à l’essoufflement du hirak algérien en sont pour leurs frais. En effet, les étudiants ont entamé le 46ème mardi de la colère dans plusieurs villes pour dénoncer le système qui s’évertue à vouloir siphonner la contestation sans pour autant prendre la peine de résoudre les profondes raisons qui ont conduit à la crise actuelle.

À Alger la Blanche, comme d’habitude, la marche des étudiants a aussi drainé la participation de citoyens et de représentants de la société civile qui appellent à l’institution d’un «Etat civil, pas militaire».
Autant dire que le choix porté par le système sur Abdelmajod Tebboune comme président par défaut est loin de convaincre. Même si un semblant d’apaisement semble s’installer, à la faveur du changement de façade intervenu à la tête de l’Etat, avec la relaxe de nombre d’activistes.

Pour les défenseurs des droits humains qui exigent, au même titre que le reste de la population, l’élargissement de tous les détenus, le pouvoir n’a pas encore fait preuve de la décision «courageuse» qui consiste à tourner la page de la répression.
Celle qui a conduit à criminaliser les manifestants et, de temps à autres, à mobiliser les supports du système pour attaquer les marcheurs et leur coller sur le dos l’ensemble des dérives.
Ce n’est donc pas par hasard qu’une pétition lancée la veille du «mardi» de la colère a recueilli la signature d’au moins 200 personnalités, dont Lakhdar Bouregaa, Zohra Drif-Bitat, Ali Laskri, Mohcene Belabes…  Pétition qui exige la libération des détenus d’opinion et politique.
En effet, des responsables politiques, syndicaux, associatifs, personnalités, journalistes… «impliqués dans la révolution du 22 février 2019» ont tenus à se féliciter «de la libération de 76 détenus d’opinion dont le valeureux Moudjahid Lakhdar Bouregaa». Mais aussi à déplorer qu’il «demeure encore des dizaines de détenus d’opinion et politiques», indique le communiqué dudit collectif.

Plus, les signataires de l’appel exigent «la libération immédiate et inconditionnelle de Louisa Hanoune, de Karim Tabbou, Coordinateur du parti UDS, de Fersaoui Abdleouahab, Président de l’association RAJ, de Kadour Chouicha, vice-président de la ligue algérienne de défense des droits de l’homme, de Foudil Boumala, de Samir Belarbi et de tous les détenus d’opinion et politiques du régime et l’abandon de toutes les poursuites judiciaires à leur encontre et à l’encontre de ceux qui ont été libérés», lit-on dans l’appel.
On signalera aussi que les forces de l’alternative démocratique, réunies lundi 6 janvier à Alger, ont lancé un appel en faveur de l’organisation d’une conférence nationale en vue du changement radical du régime.
Saluant «la mobilisation populaire qui se maintient après près d’une année pour exiger le départ du système, de ses symboles et de ceux qui l’incarnent», laquelle a «permis l’élargissement provisoire et partiel des détenus d’opinion» le PAD n’a pas manqué de mettre le doigt sur ce qui résume la crise algérienne d’aujourd’hui, une «situation née du coup de force électorale» qui «exige une riposte politique, rapide et cohérente avec les revendications du mouvement populaire».
C’est la raison pour laquelle les forces regroupées au sein du PAD appellent à des «assises nationales de la démocratie devant regrouper tous ceux et celles qui agissent en faveur de l’alternative démocratique».
Assises prévues le 25 janvier 2020, à Alger, avec pour objectif de «consacrer les principes, valeurs et fondements d’un Etat de droit, civil, social et démocratique», signale un communiqué ad hoc.

Réagissant au dialogue auquel a appelé le président, le PAD a mos en garde contre «les faux dialogues et refuser de se laisser enfermer dans la démarche unilatérale du pouvoir». D’où l’appel à une «conférence nationale en vue du changement radicale du régime» susceptible de mettre en place les mécanismes liés à «la nature de la transition et du processus constituant qui sont une nécessité absolue pour la réappropriation de la souveraineté du peuple».

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.