C’est dans les habits de Président par intérim que le septuagénaire Abdelkader Bensalah, homme du sérail, a annoncé dans un discours télévisé mardi 9 avril que des élections se tiendraient dans 90 jours et qu’une commission chargée de leur organisation serait constituée. L’homme qui fait partie des « 3 B » que la rue voudrait voir « dégagés » s’est engagé à organiser sous 90 jours « un scrutin présidentiel transparent et régulier ».

En attendant, le gouvernement et le Parlement algériens restent en place. Le président par intérim n’a ni le droit de procéder à un remaniement ni celui de dissoudre l’Assemblée nationale. Il aura d’ailleurs besoin de l’accord des élus, députés et sénateurs réunis au sein du Parlement, s’il souhaite décréter l’état d’urgence, par exemple.

Enfin, pas question de toucher à la Constitution. Aucune réforme ne peut être opérée durant cette période de trois mois. A. Bensalah ne peut pas non plus accorder de grâce ou convoquer un référendum. Autant dire que le système a choisi de « corseter » la contestation en limitant l’horizon des possibles. On comprend dès lors les raisons qui ont poussé les sécuritaires à prendre le relais en aspergeant les foules d’étudiants qui contestent la démarche du système de bombes lacrymogènes et en utilisant des canons à eau. Contesté par la rue, par la société civile et par des partis politiques, le choix du système équivaut à réel pis-aller. La crise ira dès lors en s’aggravant. Ce qui, aux yeux de bien des observateurs, forcerait l’armée qui a fait de « l’alternative constitutionnelle » son choix, à  se préparer pour mieux violer « la légalité » à laquelle elle s’accroche. Les Algériens ne sont pas dupes. Et ils craignent que le stratagème mis en place ne conduise le pays à une « égyptianisation » du système. Car la stabilité dans un contexte régional fragile à laquelle s’accroche l’état-major s’accommode mal d’une contestation populaire. Les Algériens continuent à manifester massivement pour réclamer le départ de l’ensemble du « système » Bouteflika, dont A. Bensalah est issu.

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