Affaire Mohcine Fikri : L’enquête démarre par 11 interpellations…

Affaire Mohcine Fikri : L’enquête démarre par 11 interpellations…
Dans le drame qui a secoué Al-Hoceima et bien au-delà, la réaction des enquêteurs a été des plus diligentes. Ainsi, pas moins de 11 personnes ont été interpellés pour « faux en écriture publique » et « homicide involontaire » parmi lesquelles figurent deux agents d’autorité, le délégué de la pêche maritime, le chef de service de la délégation de la pêche maritime, le médecin chef du service de la médecine vétérinaire.
Le Procureur général du Roi auprès de la Cour d’appel d’Al Hoceima souligne que la décision de déférer ces 11 individus fait suite à la réception du procès-verbal de l’enquête. Ce dernier détaille les circonstances de décès du défunt.
Le vendredi 28 octobre, Mouhcine Fikri avait acheté de certains pécheurs du port d’Al Hoceima près de 500 kilogrammes d’espadon, interdit de pêche durant la période allant du 1er octobre au 30 novembre de chaque année.
Le défunt a alors chargé une personne de transporter cette quantité à bord d’un véhicule de transport, qui n’a pas fait l’objet de contrôle à son départ du port, ce qui a amené un élément de la police, qui assurait la permanence, à informer les services de sécurité concernés qui ont arrêté le véhicule au niveau de l’avenue Tarik Ibn Ziad.
Une fois sur place, le représentant de la délégation de la pêche maritime a constaté des infractions à la loi règlementant la pêche maritime. C’est suite à cette constatation que les services de la police judiciaire ont informé le parquet général qui a ordonné de remettre le conducteur et les poissons saisis au délégué de la pêche maritime pour prendre les mesures légales requises à cet effet.
Le vétérinaire a indiqué que les poissons sont impropres à la consommation pour faute de document attestant de leur origine ce qui nécessite leur destruction.
La commission composée du délégué de la pêche maritime, du chef de service de la pêche maritime, du médecin vétérinaire et du représentant de l’autorité locale a fait appel, pour effectuer l’opération de destruction, à un camion de ramassage d’ordures, dont un responsable a exigé un ordre de destruction avant de transporter la quantité de poisson saisie. C’est à ce moment-là que la commission a rédigé un procès-verbal de destruction des poissons saisis avant d’effectuer cette opération et dont l’original a été remis au représentant de la société, ce qui constitue, du point de vue du parquet général, un faux en écriture publique.
Alors que les services de la société étaient en train de charger les poissons dans le camion de ramassage d’ordures à partir du véhicule saisi, le conducteur du camion a reçu un signal d’un ouvrier de la société d’alimenter la benne-tasseuse en électricité.
Ce qu’il faut savoir c’est que la mise en marche du mécanisme de compactage se fait en deux étapes. La première est l’alimentation du dispositif en électricité grâce à un bouton situé dans la cabine du conducteur. La deuxième est l’actionnement de l’appareil qui se trouve à droite de la partie arrière du camion.
Mouhcine Fikri est monté avec plusieurs personnes à l’arrière du camion de ramassage d’ordures afin d’empêcher que les poissons n’y soient chargés entre ces deux moments.
L’investigation effectuée n’a révélé l’émission d’aucun ordre d’agression de la victime par une quelconque partie, mais le Parquet général a estimé que les actes commis revêtent le caractère d’un homicide involontaire.

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