L. Hanoune convoquée pour «conspiration» !
L. Hanoune convoquée pour «conspiration» !

Lors d’une conférence débat sur la situation actuelle de l’Algérie tenue à Kherrata (wilaya de Béjaïa), Karim Tabbou, leader de l’Union démocratique et sociale (UDS),  a déclaré  que « l’Algérie a besoin d’un chef d’Etat-major jeune et non pas Gaid Salah ». K. Tabbou vient-il de verser dans le « lèse majesté » au risque de se retrouver, lui aussi, devant la justice algérienne ? En attendant le verdict des prochains jours, force est de souligner que la patronne du Parti des travailleurs (PT) a été convoquée par la justice suite à une plainte déposée par le commandement militaire. Ce dernier qui obéit valeur aujourd’hui au doigt et à l’œil du vice-ministre de la Défense  poursuit Louisa Hanoune pour « conspiration » contre le pays et son armée.

Pour rappel, les manifestants qui ne décolèrent pas en Algérie depuis 12 semaines au moins exigent le démantèlement du système qui les gouverne et le déboulonnage de tous ses représentants, y compris le puissant général de corps d’armée Gaïd Salah. Ce dernier multiplie ses sorties médiatiques, depuis le démarrage de la contestation populaire, pour calmer les ardeurs des contestataires. L’objectif ultime de l’état-major de l’armée algérienne tel que décliné par le discours tenu par son patron en chef étant la préservation de la souveraineté nationale et la veille sur la légitimité constitutionnelle en vue de trouver une issue à la crise actuelle.

La voix de son maître

Dans une tribune publiée dans le dernier numéro de la Revue El Djeich, intitulée «Lectures et connotations», l’armée a apporté des clarifications au sujet de la position qu’elle a adoptée face à la crise délicate que traverse le pays. «Cette position émane d’un profond sens, loin de tout calcul étroit et de toute motivation personnelle. En droite ligne de ses missions constitutionnelles», écrit Hamid Merah dans sa tribune expliquant que les observateurs qui suivent l’évolution de cette crise sont intimement conscients que la décision prise par le Haut Commandement de s’aligner aux côtés du peuple et de soutenir ses revendications légitimes ainsi que sa contribution à proposer des solutions à la crise, «présentées sous forme d’initiative stipulant l’application des articles 07, 08, et 102 de la Constitution, sont l’émanation d’objectifs précis et clairs ainsi que de priorités qui tiennent compte de la nature de la crise, de sa profondeur, des variables internes et externes, notamment dans son aspect sécuritaire». Il a également précisé que cette démarche «s’inscrit dans le cadre d’objectifs stratégiques et opérationnels ayant pour finalité d’assurer la continuité de l’Etat algérien et de réaffirmer par là même la profondeur des liens unissant le peuple à son armée».

L’objectif ultime de la position de l’état-major de l’armée vis-à-vis de la crise est la préservation de la souveraineté nationale et l’armée s’est appuyée sur la légitimité constitutionnelle en vue de trouver une issue. «Cela au moment où des voix retentissent de l’intérieur et de l’extérieur pour avancer des solutions douteuses», regrette l’auteur soulignant que ces «solutions proposées» ont toutes un point commun «celui d’engager le pays dans la voie du vide constitutionnel et de présenter ces propositions comme solution inévitables pour sortir de la crise».

Le deuxième élément confortant la position de l’armée confine à dire, précise la tribune, que l’institution militaire a inauguré une pratique inédite, la première du genre sur le continent africain. En manifestant son attachement à la légitimité constitutionnelle, ainsi que par sa gestion de la crise, qui a pris la forme d’une proposition et d’une initiative en se gardant de s’ingérer dans le champ politique, en soutenant les revendications du peuple, «cela porte la marque des armées professionnelles, une armée qui se conforme aux exigences du professionnalisme dans le cadre d’un Etat national». L’ANP a affirmé, en de nombreuses occasions, son caractère d’armée républicaine au service du peuple et de l’Etat.

Le troisième point rappelle que l’armée qui reste dans «les clous de la Constitution», s’est prémunie de toute critique, notamment vis-à-vis de la communauté internationale. Etant l’une des plus puissantes en Afrique, il est clair que l’ANP est placée sous les feux de la rampe, notamment depuis le début de cette crise. Au moindre dérapage, à la moindre sortie du cadre constitutionnel, des voix vont s’élever pour crier «à une armée putschiste».

Enfin, ajoute la tribune, l’armée s’est engagée à accompagner l’étape de transition de façon à garantir la concrétisation de toutes les revendications légitimes du peuple. «Face aux dimensions inattendues prises par cette crise, la vision de l’ANP pour lui trouver des solutions consiste en la nécessité d’avancer par étapes sûres et étudiées en associant tous les patriotes dévoués», note la même analyse estimant que la phase principale sur la voie de la résolution de cette crise a été concrétisée, il s’agit, en premier lieu, de veiller avec la même détermination à résoudre cette même crise…

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