Amnesty condamne les régressions au Maroc : Le poids du Hirak rifain…

Amnesty condamne les régressions au Maroc : Le poids du Hirak rifain…
Amnesty condamne les régressions au Maroc : Le poids du Hirak rifain…

Mohamed Sektaoui, secrétaire général d’Amnesty international Maroc a qualifié de «désespérante» la situation des droits de l’homme dans la région MENA (Afrique du Nord et Moyen-Orient), au moment de présenter, mardi 26 février à Rabat, le rapport annuel de l’Ong pour 2018.

« Nous avons prévenu le gouvernement marocain que l’unique chemin vers la démocratie c’est le respect des droits de l’homme, mais il a fait la sourde oreille », déclare-t-il aux médias. Pour Amnesty international, le Maroc ne fait pas exception par rapport aux autres pays de la région et suscite même des inquiétudes. « À l’instar d’autres associations, nos activités ont été interdites et nos chercheurs empêchés d’accès au territoire marocain. Cela n’a jamais été le cas par le passé », regrette M. Sektaoui, assurant que l’ONG maintiendra toutefois son bureau à Rabat et poursuivra ses activités. « Pour nous, le perdant, ici, c’est le Maroc! », estime-t-il.

L’ONG focalise son baromètre sur les libertés d’expression, de réunion et d’association, ainsi que sur l’équité des procès et des droits des personnes. L’arrestation, la détention et la condamnation des 53 manifestants du Hirak du Rif à des peines lourdes   reste, pour l’ONG, l’événement le plus saillant de l’année passée. Elle y associe les procès de journalistes et de militants ayant « payé le prix fort pour avoir exprimé leurs opinions ». « Nous appelons le gouvernement marocain à lever la censure sur la liberté d’expression et de libérer tous les détenus du Hirak », clame le directeur de l’ONG au Maroc, Salah Abdellaoui. Et de préciser que l’écrasante majorité des détenus d’Al Hoceima n’avaient pas de casier judiciaire avant cette condamnation.

Entre autres exemples cités dans son rapport, Amnesty international rappelle qu’en février dernier, l’avocat Abdessadak El Bouchattaoui a été condamné à deux ans de prison et à une amende « pour avoir critiqué en ligne le recours à une force excessive de la part des autorités lors des manifestations en faveur d’une meilleure justice sociale ». Toujours en février, ajoute la même source, la jeune Nawal Benaissa a aussi été condamnée à 10 mois de prison avec sursis et à une amende « pour des commentaires en ligne dans lesquels elle critiquait la réaction des autorités au Hirak ». 

Quant aux procès des journalistes, Amnesty international en cite plusieurs, dont Rabie Lablak, Mohamed Asrihi, Fouad Essaidi ainsi que Hamid El Mahdaoui et Taoufik Bouachrine, estimant que leurs condamnations « ne sont pas fondées ». « A cela s’ajoutent les mauvaises conditions de détention et de traitement, l’isolement pour des durées indéterminées, le transferts à des prisons loin du lieu de résidence, la difficulté pour les avocats d’accéder à l’information et la présentation des détenus dans un box en verre opaque qui va à l’encontre de la présomption d’innocence », fait observer Abdellaoui.

Le rapport ajoute que « les pouvoirs publics ont imposé des restrictions à la liberté d’association en interdisant ou en limitant les activités de plusieurs associations ». Amnesty international rappelle ainsi qu’entre janvier et juin, les autorités ont empêché la tenue d’au moins 5 activités liées à l’éducation aux droits humains et organisées par l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Au mois de juin, l’interdit a frappé une confrénece dédiée aux libertés individuelles organisée par le Collectif démocratie et liberté et en décembre, précise le rapport, le même sort a été réservé à l’association culturelle Racines qui a fait l’objet d’une dissolution après avoir accueilli dans ses bureaux l’enregistrement de trois épisodes d’une émission-débat controversée diffusée sur Internet et intitulée “1 dîner, 2 cons”.

Cette interdiction a aussi touché le droit de manifester. « Des tribunaux ont utilisé la législation relative aux rassemblements publics pour condamner des manifestants pacifiques à de lourdes peines d’emprisonnement », affirme Amnesty. Et de citer, entre autres, la ville de Jerada où le 13 mars, le ministre de l’Intérieur avait interdit les manifestations…

Le rapport annuel d’Amnesty international se penche aussi sur certaines catégories estimant qu’elles ont été victimes de discriminations, citant notamment les immigrés, les femmes et les personnes LGBT.

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