Approche genre: Ecarts abyssaux dans l’administration

Approche genre: Ecarts abyssaux dans l’administration
La Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF) relevant du ministère de l’Economie et des Finances et OCP Policy Center, ont l’élaborer un ouvrage portant sur l’égalité de genre, politiques publiques et croissance économique au Maroc. Cet ouvrage, fruit du croisement fécond de la réflexion sur les questions liées à la prise en compte de la dimension genre dans les politiques publiques, offre au niveau de son premier chapitre, un diagnostic exhaustif des différences et écarts respectifs dans les rapports hommes/femmes en termes d’accès à l’emploi, à l’éducation, à la santé et à l’infrastructure s’avère nécessaire pour cerner l’ensemble des facettes des inégalités de genre au Maroc. Ainsi, la participation des femmes marocaines à la vie active demeure limitée. En effet, le taux d’activité pour les femmes est de 25,3% en 2014 (après 30% en 1999) contre 72,4% pour les hommes, soit un écart de plus de 47 points.
Par ailleurs, les femmes sont essentiellement embauchées dans les secteurs à faible productivité, pour occuper des emplois peu qualifiés et faiblement rémunérés. En outre, l’écart entre l’activité des femmes et des hommes est davantage significatif en milieu urbain, où le taux d’activité des hommes est plus de trois fois supérieur à celui des femmes, contre un écart de plus du double en milieu rural. De ce fait, les femmes urbaines, notamment, celles diplômées de niveau supérieur, sont plus concernées par le chômage, avec un taux moyen de 22,8% entre 1999 et 2014 contre 14,9% pour les hommes, soit un écart de près de 8 points. En milieu rural, les femmes souffrent plutôt d’une discrimination en termes d’accès à un travail rémunéré (73,6% en 2013 des femmes rurales actives occupées ont le statut d’aide familial et apprenti sans rémunération). De plus, malgré le recul des disparités salariales entre hommes et femmes, à niveaux académiques et expériences professionnelles égaux, des écarts persistent toujours. Les femmes gagnent, ainsi, environ 17% de moins que les hommes.
Quant à l’accès à l’éducation, des avancées ont été enregistrées. Toutefois, des défis importants restent au regard des taux de déperdition et d’analphabétisme qui demeurent élevés surtout chez les filles rurales. L’accès aux services de santé s’est considérablement amélioré ces deux dernières décennies en matière de santé reproductive, de la mère et de l’enfant, néanmoins, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour réduire davantage les taux de mortalité infantile et maternelle qui restent importants dans le milieu rural. Pour ce qui est de l’accès au logement décent et aux infrastructures de base, les efforts déployés pour assurer une offre adéquate, à la portée de l’ensemble des catégories socioéconomiques, dans la perspective d’améliorer le cadre de vie des citoyennes et des citoyens se sont traduits par une réduction de l’enclavement des zones rurales, une augmentation des taux d’adduction en eau potable des ménages ruraux et par une amélioration d’accès au logement.
Au-delà de ces diagnostics, et sur la base des analyses effectuées dans les différents chapitres de l’ouvrage, ce dernier préconise des implications concrètes pour les politiques de promotion de l’égalité de genre, qui gagneraient en efficacité si elles pouvaient agir sur trois éléments principaux à savoir, la réduction des préjugés sexistes discriminatoires dans le milieu du travail, l’augmentation du pouvoir de négociation de la femme au sein du ménage, et la réallocation du temps des mères vers les filles. La combinaison de ces mesures pourrait mieux servir le processus d’intégration des femmes dans le marché du travail.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.