Les représentants de la Nomenklatura au pouvoir en Algérie sont toujours « vomis » par les manifestants algériens qui battent le pavé depuis plus d’un mois et demi. Pas plus tard que vendredi dernier, les milliers de marcheurs qui alimentent la contestation politique rejettent toute implication des anciens fidèles d’Abdelaziz Bouteflika dans la transition politique. Il en va ainsi pour ceux qu’ils affublent des « 3B » ; en l’occurrence Abdelkader Bensalah président du sénat, Nourredine Bedoui, Premier ministre et Tayeb Belaïz, président du Conseil constitutionnel.

Pour rappel, samedi soir, le Conseil de la nation avait annoncé la réunion, ce mardi dans la matinée, du Parlement pour nommer le président par intérim. La Constitution prévoit que cette responsabilité incombe au président de cette chambre haute, Abdelkader Bensalah, homme du sérail contesté aussi bien par les manifestants que par plusieurs partis politiques. La tenue de cette session réunissant les deux chambres parlementaires a été décidée après une réunion jeudi « sous la présidence d’Abdelkader Bensalah », d’après un communiqué du Conseil de la nation cité par l’agence de presse officielle APS. Selon la Constitution, A. Bensalah, président du Conseil de la nation, devrait assurer l’intérim durant une période de quatre-vingt-dix jours maximum et organiser une élection présidentielle dans ce délai.

Autre fait de taille, des banderoles en nombre ont été érigée en étendards par les manifestants qui refusent toute ingérence des Emirats arabes unis (EAU) dans le processus politique en cours. Informations qui accompagnent aussi la tension qui sourd à la frontière de l’Est depuis que le Maréchal Haftar a décidé de marcher sur Tripoli. Cette avancée de l’homme fort de la Cyrénaïque qui vient d’achever un séjour à Riyad serait dictée par les appétits émiratis et saoudiens en Algérie. Abou Dhabi et Riyad privilégiant une « alternative à l’égyptienne » en Algérie pour que leurs intérêts économiques, mais aussi géopolitiques, soient sauvegardés.

Des analystes n’hésitent pas à voir en le départ « négocié » du général Tartag, dit Béchir, du puissant service de renseignements algérien rattaché à la présidence le signe d’un revirement d’Alger vis-à-vis de ces deux pays golfiques. D’ailleurs, d’aucuns vont jusqu’à soupçonner les agents émiratis d’avoir réussi à exfiltrer Tartag vers Abu Dhabi, sachant que l’homme détenait entre ses mains plein de dossiers sur les transferts de capitaux réalisés depuis Alger vers les coffres de l’Emirat. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le général Ahmed Gaid Salah, « président intérimaire » en attendant l’issue du « Hirak » algérien,  a décidé de rattacher les renseignements à l’état-major. Et c’est dans ce cadre qu’intervient une vaste opération de limogeages. Le dernier en date concerne le général Sid Ali Benzemirli démis de ses fonctions, après avoir été nommé directeur central par intérim de la Sécurité de l’armée, à la place du général Othmane Belmiloud, alias Kamel Kanich. C’est le Colonel Nabil, alias Bob, qui a été installé hier ààla tête de la sécurité de l’armée. Ce dernier dirigeait jusque-là le Centre principal militaire d’investigation (CPMI).

Si ces informations se confirment, cela traduit la ferme volonté de l’armée de passer outre les vieux briscards en jetant son dévolu sur les officiers de « Deuxième rang » susceptibles d’assurer la transition, y compris au sein de l’armée qui assume par devers-elle un rôle politique de premier plan.

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