Assassinat de Victor Jara: La justice rattrape les tortionnaires

Assassinat de Victor Jara: La justice rattrape les tortionnaires

Cinq ans et demi après leur inculpation, neuf militaires chiliens ont été condamnés mardi à Santiago pour la mort du chanteur Víctor Jara, le 16 septembre 1973, dans les jours qui suivirent le coup d’Etat du général Augusto Pinochet. Huit écopent de 18 ans de détention, le dernier de 5 ans pour complicité. Il aura donc fallu 45 ans pour qu’aboutisse le procès de l’assassinat de celui qui fut, avec le président Salvador Allende, la victime la plus célèbre du putsch militaire. Les procédures judiciaires ne sont pas closes pour autant. Les condamnés peuvent faire appel, et le cas du dixième homme, celui qui a tiré le coup de grâce dans la nuque de Jara, reste en suspens : il a fui aux Etats-Unis en 1989, et le Chili le réclame depuis 2014.
Proche du parti communiste et engagé aux côtés de l’Unité populaire, le rassemblement des gauches qui porta au pouvoir Salvador Allende, Víctor Jara, 40 ans, fut arrêté le jour même du coup d’Etat, le 11 septembre, alors qu’il donnait un cours de théâtre à l’université technique de Santiago. Enfermé au stade Chile, il est supplicié plusieurs jours de suite. Les militaires lui broient les mains à coups de crosses pour lui faire passer l’envie de jouer de la guitare. Il est finalement abattu, et son corps abandonné dans un terrain vague, en compagnie de celui du directeur des prisons d’Allende, Littré Quiroga. Sa femme Joan Turner Jara, une Anglaise installée au Chili pour étudier les danses folkloriques, récupère le corps et l’enterre clandestinement. En 2009, le corps est exhumé et enfin autopsié. Il a gardé les traces de 44 balles, dont le coup de grâce. Et son enterrement officiel peut enfin avoir lieu.
Dès qu’elle est connue, la mort de Víctor Jara devient le symbole de la sanglante répression de Pinochet contre son peuple. Dans les meetings de solidarité, on reprend sa chanson Te recuerdo Amanda (Je me souviens de toi, Amanda), histoire d’amour sur fond d’usine en grève. Le nom de Víctor Jara est donné à des rues, à des centres culturels.

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