Attac Maroc privée de la COP 22 : Safi, comme alternative…

Attac Maroc privée de la COP 22 : Safi, comme alternative…
Après son exclusion de la zone verte réservée à la société civile lors de la Cop22, Attac Maroc passe à l’offensive en organisant, les 4 et 5 novembre à Safi une conférence sous le thème « Changer le système, pas le climat ». Le choix de cette ville qui n’est pas anodin. Les altermondistes marocains qui militent pour empêcher l’installation d’une centrale électrique à charbon à Safi veulent mettre a nu le « double langage » des autorités qui parlent de développement vert et continuent d’investir dans l’énergie « sale».
Faisant partie du réseau démocratique pour accompagner la Cop22 (REDACOP22) qui vient de déclarer son boycott de la Cop22, Attac Maroc, qui n’a pas pu trouver place dans la zone verte réservée à la société lors de la Cop22, tient à faire entendre sa voix. « Non, il est urgent de prendre la parole, d’analyser les causes réelles du changement climatique et d’en nommer les responsables », insistent les représentants du mouvement altermondiste au Maroc. C’est dans ce cadre qu’ils organisent à partir de demain et jusqu’à samedi une conférence à Safi. Chargeant le système capitaliste de tous les maux qui ont trait à la dégradation de l’environnement, y compris le réchauffement climatiques, Attac Maroc ne croit pas que la Cop22 qui se tiendra à Marrakech pourrait changer quelque chose. « Que va-t-il se passer à Marrakech ? », s’interrogent les altermondistes. Et de vite répondre « Vraisemblablement pas grand-chose ». Car, selon eux, au moment où « les Etats continuent de parier sur les engagements volontaires des pays », sans pour autant qu’une mise en place de mécanismes de contrôle et de sanction ne soit envisagée, « les entreprises continuent à faire la loi dans les couloirs des conférences et la confiance aveugle dans les solutions technologiques prévaut sur toute autre considération ».
Pour eux, les COP sont devenues des « conférences où entreprises et gouvernements viennent parler affaires » pendant que le climat, lui, « continue à se réchauffer ». C’est ainsi que la MEDCOP 22 organisée à Tanger en juillet dernier en amont de la COP 22 « s’est terminée par la signature de contrats entre l’Etat marocain et des multinationales », rappelle le communiqué.
Pour ce qui est du Maroc, Attac Maroc considère que « les différentes politiques sectorielles, (PMV, Halieutis, Azur, Emergeance …), ainsi que la signature des accords de libre-échange avec les USA et l’UE, vont dans le sens de la surexploitation des ressources naturelles, d’une intensification des échanges, de l’extension des zones franches et des projets productivistes tournés vers l’exportation, loin de toute perspective de préservation de la nature et du climat ». Pointant du doigt le projet d’installation de la centrale électrique à charbon à Safi qui s’inscrit en faux vis-à-vis des objectifs de développement durable du pays, Attac s’interroge comment le Maroc « met en avant ses mega-projets pharaoniques dans le domaine du solaire, mais continue à développer les énergies fossiles ».
Tout en appelant les différents intervenants à « réfléchir ensemble aux alternatives nécessaires » et « non pas les fausses solutions de l’économie verte qui cherche comment transformer la crise climatique en nouvelle source de profit », Attac propose le modèle de société alternative. « Les vraies solutions ne peuvent passer que par un modèle de société alternatif, fonctionnant selon de nouveaux modes de produire, de consommer, d’habiter, de manger, de vivre avec la nature », lit-on dans son communiqué. Et d’ajouter, « nous devons exiger que soient prises, de toute urgence, certaines mesures immédiates, laisser les sources d’énergie fossile dans le sol, relocaliser productions et consommation, défense des biens communs, etc. Les solutions existent ! ».
Par ailleurs, et à propos du choix porté sur Safi, Larbi El Hafidi, membre d’Attac Maroc, explique qu’il s’agit d’une « ville emblématique ». « C’est une ville où il y a beaucoup de pollution et de dégradation de l’environnement », s’est-il insurgé. Sur un autre registre, ce membre du bureau du REDACOP22 et également d’Attac Maroc, nous a confié que le réseau ne va pas participer à cause du mépris du responsable du pôle de la société civile, Driss El Yazami. « On a fait un grand effort pour avoir une participation digne de ce nom, mais malheureusement, on n’a pu avoir ni hébergement ni badges jusqu’à présent », a-t-il confié. « Monsieur El Yazami nous a dit que notre plateforme n’est pas conforme avec les normes, car elle est en désaccord avec l’accord de la Cop21 », a affirmé L. El Hafidi expliquant que le président du CNDH leur a imposé l’acceptation des recommandations de l’Accord de Paris comme passeport à la zone verte ». C’est dans ce contexte qu’Attac Maroc organisera à partir de demain et jusqu’au samedi une conférence d’envergure à Safi. A travers cette dernière, Attac vise à « soutenir les luttes locales pour le droit à l’eau, à la terre et à la santé face aux dégâts des grands pollueurs et notamment Maroc Phosphore et la nouvelle station thermique ».

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