Aux grands maux de Jerada: Les promesses d’El Othmani à… Oujda!

Aux grands maux de Jerada: Les promesses d’El Othmani à… Oujda!

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« Où est votre oreille, ô Djoha ?»… Elle était tendue à Oujda, là où le chef du gouvernement a choisi de faire, samedi dernier, des annonces pour l’Oriental, cette vaste région qui se dépêtre dans des problèmes inextricables. De quoi renforcer davantage les frustrations des habitants de Jerada, ville minière devenue « cité fantôme » depuis que l’extraction du charbon a été abandonnée par l’Etat. Et comme la « com » s’est faite instantanément, il n’aura pas fallu longtemps pour voir la réaction aux promesses faites par Saad Eddine El Othmani. Des femmes habillées en blanc (18 morts en 20 ans), signe de deuil, et des hommes harnachés dans les uniformes des mineurs, ont (re)battu le pavé. Pour crier leur désarroi. Car aux yeux des coordinations qui pilotent la contestation à Jerada, le patron de l’Exécutif n’aura pas réussi à opérer la rupture exigée : point de plan de développement alternatif et l’impunité reproduite à l’endroit des rentiers de la région. El Othmani aura raté, une fois de plus, une occasion qui le rapprocherait des citoyens, dans le cadre de la politique de proximité. Il n’a pas osé le saut de puce qui l’aurait amené à parcourir les 60 km qui séparent la capitale de l’Oriental de la ville minière pour prendre langue avec les habitants et les rassurer quant à la prise en charge de leurs revendications. Un exercice éculé puisqu’El Othmani avait la même chose lorsqu’il se déplaça dans la région de Draa-Tafilalet en s’interdisant de faire un crochet par Zagora qui vivait encore sous la pression du déficit en eau potable.

Dans la technopole de la capitale de l’Oriental, Le Chef du gouvernement a fait plein d’annonces aux élus (parlementaires, élus locaux), aux ONG et aux opérateurs. « Nous sommes là pour vous écouter. Nous sommes dans l’écoute par rapport à ce qui se passe à Jerada, nous sommes attentifs aux protestations partout où il y en a », devait-il assurer. Avant de procéder au grand déballage de projets. En tête desquels un grand stade à Oujda (800 MDH) devant accueillir des matches de la Coupe du monde 2026 si la candidature du Maroc est retenue. De quoi faire plaisir à Faouzi Lekjaa et à My H’fid El Alamy, duo en charge de mettre le Maroc dans l’orbite d’une FIFA qui, pour rappel, s’est complètement déculottée devant le FBI américain!

Voilà donc pour la part de rêve. En attendant, El Othmani a jugé opportun de souligner devant son auditoire que lorsque le port Nador West Med sera achevé, la connexion à l’autoroute Casablanca-Oujda sera réalisée « en même temps ». Et d’ajouter qu’il y a « un intérêt, une volonté politique, pour la région de l’Oriental ». La preuve ? La première station de dessalement d’eau de mer sera opérationnelle près de Nador. Le Souss Massa devra prendre son mal en patience.

Solennel fut le ton du patron de l’Exécutif lorsqu’il passa aux choses sérieuses. « Nous nous penchons sur toutes les provinces qui souffrent de problèmes dans toute la région », a-t-il promis en cherchant à siphonner la colère qui sourd depuis des semaines à Jerada. Ainsi, « 4 permis d’exploitation de mines sont immédiatement retirés car leurs titulaires n’ont pas respecté les lois en vigueur ».  Quid des barons locaux que les mineurs et les habitant vomissent ? Rien de concret. El Othmani s’est empressé d’ajouter vouloir « céder des logements des Charbonnages du Maroc (CDM) aux ex-salariés qui les occupent ». Et d’ajouter que les travaux ont déjà démarré pour doter la ville minière d’une nouvelle zone industrielle qui « sera ouverte aux jeunes, par voie de location ou d’acquisition, même pour les petits projets ». En plus, « la cellule juridique qui assiste les citoyens, ayants-droits, anciens mineur des CDM, va bénéficier d’un crédit exceptionnel de 2,5 MDH ».

Pour faire oublier les drames des « descenderies», le chef du gouvernement a rappelé la mobilisation de 3.000 hectares pour l’exploitation des produits agricoles « dont 1.000 hectares pour les ayants droits et 2.000 hectares au profit des jeunes ». Promesse déjà faite par Aziz Akhannouch qui, lui, n’a pas hésité à faire un saut à Jerada, dans la foulée de la visite réalisée par Aziz Rebbah.

Et d’ajouter que le potentiel de l’Oriental sera mis en valeur puisque « la zone possède d’autres ressources minières non exploitées comme le Zinc, le Plomb et le Cuivre. Le gouvernement fera le nécessaire pour lancer les études, en vue d’une exploitation ». Si la capitale de l’Oriental n’arrive pas à capter les ressources humaines, le facteur de l’éloignement étant déterminant, qu’à cela ne tienne. « Les vols Casa-Oujda passeront de 1.400 DH à 999 DH aller-retour. Idem pour les vols Casa-Nador, qui baisseront encore plus », a assuré S.E El Othmani.

A son tour, Mouad Jamai, wali de la région, n’aura pas manqué de rappeler quelques constances. La région a 700 km de frontières, entre la Méditerranée et l’Algérie. Les frontières fermées finiront par ré-ouvrir. L’Oriental, c’est la moitié de la superficie de la Tunisie. Sa position géographique entre Europe, Afrique et Maghreb, est exceptionnelle. Sur le papier… La région qui représente 6,8% de la population ne contribue qu’à 4,9% du PIB national. En attendant, et c’est ce que le wali n’a pas souligné, place au « trabendo » et à ses ravages pour le secteur formel.

Pourtant, depuis 2003 et plusieurs visites royales après, près de 91 milliards de DH y ont été investis et la majorité des projets ont déjà été achevés ou en cours, notamment en infrastructure. Saïdia (12 MMDH), l’autoroute Fès-Oujda, la voie express à partir de Nador, l’eau potable, 30 MMDH dans les secteurs productifs (dont l’agropole de Berkane), le CHU, la faculté de médecine et de pharmacie… M. Jamai s’est fait l’avocat des élus de la région en appelant à améliorer la gouvernance territoriale. « La décentralisation est essentielle. Il faut l’accélérer. On ne peut pas attendre le feu vert de Rabat pour une virgule », a-t-il noté. Les principaux soucis restent liés au taux de chômage: 21,5%, à la précarité 12,67% et à la pauvreté 5,23%.

Pour sa part, Abdennebi Bioui, président de la région de l’Oriental, a rappelé que la région souffre de la fermeture des frontières concomitamment avec la fermeture des Charbonnages. Et pointé les disparités territoriales trop fortes à l’intérieur de la région, d’une région à l’autre. L’adduction d’eau potable est de 26% dans la province de Driouech contre 86% à l’échelle nationale. Idem pour l’électrification: 50% à Figuig et 95% à l’échelle nationale. Driouech, Guercif, Taourirt, Jerada, Figuig sont les 5 provinces les moins bien dotées. Elles doivent bénéficier de programmes accélérés. Plus, une ligne de chemin de fer Oujda-Berkane-Nador (120 km) devrait être envisagée au même titre que l’autre liant Laâyoune-Jerada (40 km). Mais au-delà de l’arrière pays, qui appelle à être développé et mis en valeur, la suggestion faite pour doter la région d’un institut de formation des métiers de la mer est pertinente « puisque nous avons un littoral assez large sur la Méditerranée ».

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