Bab Sebta a mal à ses mules: La mort par procuration…

Bab Sebta a mal à ses mules: La mort par procuration…

Trop de social tue le social. Le trafic qui a cours au niveau de Bab Sebta vient de le confirmer avec la mort de deux femmes. Deux cadavres de plus. Et une enquête que la préfecture de M’Diq promet de mener à terme.

Encore une fois, trop de social tue le social. C’est ce que les décideurs doivent désormais avoir à l’esprit lorsqu’ils refusent, à chaque occasion qui se présente, de trancher dans le vif d’un problème au motif que la paix sociale serait menacée. Le nouveau drame de Bab Sebta, là où s’agglutinent des centaines et des centaines de mules chargées de rapatrier les marchandises depuis le préside, est assez symptomatique de cet état de fait. Les autorités locales ferment les yeux sur un phénomène supposé social. Alors qu’en fait ils se retrouvent complices d’un large trafic de marchandises qui profite à des barons de la contrebande au grand dam de l’économie locale. Jusqu’à quand doit-on faire semblant de promouvoir « une économie vivrière » qui de temps à autre laisse sur le carreau des femmes abusées par les circuits mafieux ?

Que n’a-t-on vu comme dossiers qui méritent des actions énergiques pour assainir tel ou tel secteur gangréné par des intérêts à la limite des circuits mafieux… Pourtant, les poursuites tombent à l’eau en raison de considérations sociales qui pour incompressibles qu’elles soient demeurent pourtant fallacieuses !

Ainsi, on ferme les yeux sur la dynamique des corps intermédiaires qui minent, par exemple, le secteur agricole par leurs agissements antiéconomiques… Au motif qu’ils arrosent à droite et à gauche et assurent de l’emploi. Pourtant, à y voir de plus près, ni les producteurs ne sont payés au juste prix, ni le consommateur final ne se retrouve gagnant au vu des marges que les intermédiaires s’arrogent le droit de récolter. Et ce qui court pour les produits horticoles frais court aussi pour les produits de la pêche. Le marché de bouche est loin de profiter aux gens de la mer comme il pénalise le pouvoir d’achat du citoyen lambda. La véritable plaie est constituée, à n’en point douter, des intermédiaires qui agissent comme des parasites.

Là où il faut sévir, c’est au niveau de tous ces intérêts qui ont fini par se cartelliser au point de devenir tellement puissants qu’ils prétendraient être capables de paralyser les circuits économiques. A Bab Sebta, c’est la misère qui jette toutes ces mules dans les bras des gros trafiquants pour être corvéables à merci et, le cas échéant, périr piétinées. Autant de femmes exploitées par des mafieux à la petite semaine alors qu’elles ne demandent, les pauvres, qu’à être libérées des affres du chômage… Les enquêteurs oseront-ils frapper là où il faut ?

Attendons pour voir…

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