Bekirane peine à former l’Exécutif : Les Américains vomissent les élites, les Marocains aussi…

Bekirane peine à former l’Exécutif : Les Américains vomissent les élites, les Marocains aussi…
Exit les programmes électoraux ! « Nos » élites les ont conçus juste parce que cela fait chic ! Quant aux clivages idéologiques, nul ne semble s’en soucier outre mesure. Au moins pour ce qui est des formations qui ont habitué les Marocains à squatter les maroquins ministériels. Le constat est d’autant plus malheureux que la montée spectaculaire de D. Trump, donné battu même lorsqu’il dama le pion aux apparatchiks des républicains, a de quoi donner à réfléchir aux leaders politiques qui s’empressent à s’aligner pour la course aux postes ministériels. Mais ouvrez-dons grands les yeux pour voir et évaluer ce qui se trame au niveau de la plus récente des démocraties occidentales qui ne jurait, encore hier, que par l’exportation de son modèle ! L’Amérique tremble sur ses fondements… Justement parce que les élites se sont laissées corrompre en se détournant des fondamentaux pour ne laisser expirer, aux yeux de l’opinion, qu’une image des « tous pourris ». Qui aurait cru, hier, que le PPS fasse honneur à son passé de parti communiste militant en s’acoquinant avec une formation islamo-obscurantiste ? Pourtant, c’est ce qui fut… Réalisé au terme de la realpolitik dont le retour sur investissement est des plus aléatoires. Le score des législatives est là pour déciller ceux qui se complaisent à fermer les yeux face aux réalités du terrain socio-politique. Dans la vie d’un parti, l’ambition est certes de gouverner, d’aller au charbon… Quand bien même les braises sont toujours rougeoyantes. Mais pas au prix du déni idéologique qui, en toute logique, contribue à renforcer la confusion des genres dans l’esprit de l’électorat en particulier et de l’opinion en général. Lorsque les marqueurs s’effilochent, c’est la logique du courant trans-courants qui s’installe. Avec les dégâts que cela comporte. Et il est fort à craindre que l’USFP soit aussi victime d’une telle maladie congénitale aux… élites. Celles qui se défaussent des principes pour peu qu’elles puissent être assimilées au conglomérat des gagnants d’occasion, comme ce fut le cas pour les représentants de l’oligarchie partisane US. Driss Lachgar finira-t-il par franchir le point Godwin ? En tout cas, tout semble le prédisposer à le faire. Depuis que la commission administrative de l’USFP, qui s’est réunie samedi, a approuvé à une très large majorité le principe de la participation au gouvernement. Seuls quatre membres ont voté contre, à l’issue d’un intense débat qui a suivi la plaidoirie de Driss Lachgar, premier secrétaire du parti de la rose. Et pour que l’honneur soit sauf, le chef des socialistes a affirmé devant le parlement de son parti n’avoir reçu aucune offre concrète de la part du chef de gouvernement désigné. N’empêche l’USFP, a-t-il soutenu, se positionne en faveur d’une participation selon des conditions qui ont trait à la mise en œuvre d’un programme sérieux de gouvernement, capable de répondre aux attentes du peuple marocain. Un gouvernement appelé à être homogène pour éviter les tiraillements qu’a connus le précédent gouvernement. Dans son plaidoyer prodomo, D. Lachgar n’a pas omis de souligner qu’il est nécessaire de former le gouvernement au plus vite pour dépasser la situation de gel de toutes les institutions constitutionnelles. In fine, la commission administrative a, par conséquent, mandaté le bureau politique à conduire les négociations avec Benkirane. Déjà fânée au point de perdre nombre de pétales à chaque épreuve votative, cette force politique qui faisait la pluie et le beau temps n’est plus que l’ombre d’elle-même. En proie à des tiraillements qui n’en finissent plus, et il faudra s’attendre à ce que les rangs ittihadis se dispersent davantage si jamais le parti se compromet dans la gestion des affaires de l’Etat au côté des islamo-conservateurs, le gain d’une telle aventure est difficilement évaluable à la lumière des insuccès récoltés par toutes les formations ayant pactisé avec le PJD. Ni le Mouvement populaire ni le RNI, et encore moins l’Istiqlal et le PPS, ne sont sortis grandis d’une telle équipée. L’affaire paraît des plus graves… A moins que les élites marocaines détiennent entre les mains la solution miracle qui est de nature à les réconcilier avec les citoyens… Même au prix de quelques trahisons et autres déconvenues. En tout cas, il n’y a aucun argument défendable à mettre en exergue pour expliquer à une opinion estomaquée comment le désamour entre partis politiques, assez éloignés idéologiquement et distincts génétiquement, se transforme du jour au lendemain en idylles. Et c’est ce qu’il y a de pire ! La désaffection des Marocains vis-à-vis du politique et du jeu qui va avec n’en sortira que renforcée. Quel dommage !

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