Benkirane III, où l’accouchement dans la douleur : Le surcoût d’un incompréhensible laisser aller

Benkirane III, où l’accouchement dans la douleur : Le surcoût d’un incompréhensible laisser aller
Dans la vie d’un pays, un mois peut paraître dérisoire. Mais pour les simples mortels comme vous et moi, 30 jours paraissent longs. Si le verdict des urnes n’a pas trop tardé à être communiqué lors des législatives du 7 octobre dernier, celui tant attendu, à savoir l’accouchement de la majorité appelée à être aux affaires, tarde à se manifester. Même si plusieurs tours de piste ont été menés par Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement nommé, il faut croire que les tours de chauffe n’ont pas encore permis de séparer le bon grain de l’ivraie. Quand bien même le patron du PJD n’hésite pas à annoncer quelques couleurs, le PPS et le PI devant être de la majorité et il y tient, le tableau souffre toujours d’un flou artistique des plus inquiétants. Surtout lorsque ce chef d’orchestre affirme « rejeter tout diktat » et laisse entendre, et c’est le comble pour un responsable, qu’en cas d’échec des consultations, il se contenterait de rentrer chez lui. On est loin de l’effervescence dont A. Benkirane faisait preuve lorsqu’il animait les meetings… La politique a-t-elle fini par user la bête tapie en lui ? Ou faut-il voir en cette période creuse l’expression d’un défaut congénital dont le pays paie le surcoût induit avec des institutions en quasi-paralysie, défaut que l’on peut résumer par l’absence d’un programme gouvernemental qui, tout naturellement, devait amalgamer les forces politiques alliées par nature ?
A.Benkirane doit suffisamment méditer le message royal pour reprendre son bâton de pèlerin. En ayant dans son cabas ce qui lui fait défaut : un programme de gouvernement clairement défini et décliné. Car si les électeurs l’ont adoubé sans exiger une quelconque reddition des comptes, le bilan du gouvernement sortant étant loin d’être reluisant, cela n’équivaudrait pas à un blanc seing qui lui est accordé pour mener la barque à sa guise. Et là aussi, il faut croire que le rappel à l’ordre royal, depuis Dakar, ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd. Le pays a besoin de renouer avec une normalité institutionnelle. Le choix d’une majorité gouvernementale, d’où sera issu le prochain Exécutif, est à même de répondre à une attente latente. Plus, il apporte la lisibilité nécessaire dans un jeu politique parasité par tant et tant de cafouillages et de messes basses qui mettent à rude épreuve les nerfs d’une opinion publique aux aguets. Le bouillonnement que l’on constate n’est pas si gratuit que cela. Il exprime des attentes qui doivent être prises en charge pour améliorer le quotidien d’un peuple prompt à s’enflammer et pour restaurer la confiance en un Etat doté d’institutions fortes orientées vers un seul et unique cap : l’intérêt général.
L’attente à un coût qui, en politique, est loin d’être marginal. A. Benkirane devrait se faire à l’idée de ne pas dilapider le capital dont il jouit encore. Sans quoi, la facture sera des plus salées…

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