Blocage gouvernemental: Le Roi désigne El Othmani et le PJD blanchit son chef

Pour sortir de l’impasse institutionnelle dans laquelle le pays est plongé depuis plus de 5 mois,
le Roi a coup sur coup dégagé Benkirane et désigné à sa place Saad Eddine El-Othmani.
La relance des tractations pour la constitution de la majorité ne devrait pas trainer comme
par le passé.
A moins que les instances du PJD qui blanchissent leur leader ne figent les règles à ne pas outrepasser pour limiter l’élan diplomatique du chef de gouvernement désigné.
L’attention des observateurs est restée braquée sur le siège du PJD où une réunion extraordinaire du secrétariat général s’est déroulée trois heures durant. Et plutôt que de laisser le libre arbitre à ses dirigeants de commenter ou non la décision royale qui a dégagé A. Benkirane de la mission de réunir une majorité gouvernementale, le choix s’est porté sur la publication d’un communiqué. Lequel affirme que le secrétariat général du PJD se déclare fier de la décision prise par le roi mercredi 15 mars en chargeant une autre personnalité du parti en remplacement d’Abdelilah Benkirane comme chef de gouvernement désigné. Pour la direction du PJD, cette décision consolide le choix démocratique et l’esprit de la Constitution. Le communiqué diffusé dans la soirée du jeudi 16 mars souligne que le secrétariat général se dit également fier des louanges du souverain à l’égard du travail accompli par Abdelilah Benkirane lors de ses cinq années de mandat.
Toutefois, le secrétariat général du PJD a dédouané de façon catégorique Abdelilah Benkirane de toute responsabilité concernant le retard dans la formation du nouveau gouvernement, la responsabilité du blocage étant imputable aux conditions rédhibitoires des autres formations politiques. Le secrétariat général a demandé au Conseil national du parti de tenir une session extraordinaire samedi 18 mars pour élargir le champ des concertations au sein du parti, en vue des prochaines tractations pour la constitution d’un nouveau gouvernement dont le chef sera désigné par le roi parmi les membres du PJD.
Plusieurs questions se posent dès lors à l’issue de cette sortie calculée du PJD. Le successeur de Benkirane, et il s’agit en l’occurrence d’un poids lourd comme Saad Eddine El Othmani, bénéficiera-t-il d’un blanc seing de la formation islamiste, et notamment du Conseil national, pour mener les tractations avec les autres formations politiques sous d’autres latitudes que celles étroitement balisées par le chef de file des islamistes ? En d’autres termes, accèdera-t-il aux exigences exprimées par le RNI pour la formation d’une majorité solide avec le concours de l’USFP où veillera-t-il à être dans les pas de Benkirane qui ont conduit à l’impasse avec le niet catégorique opposé aux socialistes ? Et qu’arrivera-t-il en cas d’échec des pourparlers ? Le PJD est-il dans les meilleures dispositions pour intégrer les bancs de l’opposition sans risquer de voir ses rangs dispersés ?
El-Othmani qui a fait partie du Premier gouvernement Benkirane es qualité de ministre des Affaires étrangères devra faire preuve de diplomatie pour ménager et le choux et la chèvre. Condamné à réussir pour rattraper le temps perdu, réussira-t-il à concilier entre une veille sur les intérêts suprêmes de la nation sans pour autant abandonner ceux du PJD ? Si l’équation paraît difficile, sa solution n’est pas impossible. A moins que…

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