Des membres nigérians de Boko Haram ont attaqué la localité de Bouhama, dans la région du lac Tchad, dans la nuit de dimanche à lundi. Le bilan communiqué par l’armée s’élève à sept militaires tchadiens tués et quinze blessés, outre 63 morts parmi les «terroristes».

« Les terroristes ont attaqué nos forces à minuit dans la localité de Bouhama aux environs de Kaigakindjitia dans la zone du lac Tchad », a annoncé le colonel Azem Bermandoa, le porte-parole de l’armée. Le ministre tchadien de la Défense Daoud Yaya Brahim et le chef d’état-major des armées Taher Erda ont été dépêchés sur les lieux lundi 15 avril pour « évaluer la situation », selon le colonel Azem.

T. Erda, ce proche du président Idriss Deby Itno récemment nommé à la tête de l’état-major des armées, a remplacé Brahim Seid Mahama le 22 mars dernier. Ce dernier avait été limogé à la suite d’une attaque de Boko Haram dans le sud-ouest du pays, dans laquelle 23 soldats tchadiens avaient été tués, l’une des attaques les plus meurtrières essuyées par l’armée depuis le début de la lutte contre les islamistes.

La région du lac Tchad est le théâtre d’un regain d’attaques de Boko Haram. Dans un rapport publié récemment, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) s’inquiétait de cette résurgence des attaques du groupe terroriste dans la région, notamment côté tchadien. « Le Tchad, relativement épargné par la menace Boko Haram après les attentats meurtriers de 2015, est à nouveau la ligne de mire du groupe terroriste depuis mi-2018 », notait le rapport.

Depuis juin 2018, au moins sept attaques de Boko Haram ont eu lieu en territoire tchadien, où les combattants djihadistes nigérians n’étaient presque plus intervenus depuis plusieurs mois. « Les menaces de Boko Haram contre le Tchad sont extrêmement sérieuses et inquiétantes après deux années d’accalmie », alertait également le président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH), Me Midaye Guerimbaye, dans ce même rapport. L’insurrection de Boko Haram, qui a débuté en 2009 dans le nord-est du Nigeria, a fait plus de 27 000 morts et 1,8 million de déplacés dans ce pays, et a gagné le Niger, le Tchad et le Cameroun voisins. Le 10 avril, Diffa, la grande ville du sud-est du Niger, a été frappée par les djihadistes nigérians. Au Cameroun, au moins sept soldats ont été tués depuis le début du mois dans le nord du pays, où ils sont déployés pour contrer les assauts du groupe terroriste.

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