Bons baisers de Meknès: La femme, cette éternelle coupable!

Bon baisers de Meknès: La femme, cette éternelle coupable!

L’information n’a fait qu’un tour depuis Meknès pour confirmer si besoin est que la femme est considérée toujours comme la principale fautive dès lors qu’il est question de mœurs ! Tout a commencé par un baiser volé dans un lycée entre deux adolescents… Résultat des courses, la fille a été directement renvoyée chez elle pour y… rester. Ceci intervient alors que le pays bataille dur pour pérenniser la scolarisation des filles. Tandis que le garçon a été sanctionné, lui, par son renvoi à un autre établissement scolaire ?! Voilà où on en est côté encadrement pédagogique au sein des établissements scolaires. Le staff administratif de l’établissement scolaire public n’a pas trouvé mieux pour gérer une affaire de « mœurs » que de pénaliser la jeune adolescente pour une faute qui aurait pu être traitée autrement. L’administration aurait été mieux inspirée de convoquer un conseil de discipline pour débattre d’une question somme toute banale pour des adolescents et statuer en connaissance de cause. Ils auraient pu avertir les enfants contrevenants et, au pire, les blâmer pour un comportement qui ne sied pas à l’aura de tout établissement scolaire. Que né-ni ! La direction du collège a jugé bon de sévir en accablant la fille de tous les maux. En la renvoyant chez-elle, sans autre forme de procès, les supposés responsables pédagogiques n’ont fait que diaboliser la jeune adolescente. Et par extension, l’explication la plus plausible de cet état de fait serait d’imputer à la jeune fille la responsabilité pleine et entière de ce qui s’est passé, le garçon ne pouvant résister au charme féminin !

 

Bref, on persiste à rabaisser la femme au rang de cette « côte tordue » qui à l’image de l’Eve que renvoie l’imaginaire collectif a fait sa gestation dans le nid douillet… le fameux thorax d’Adam. Une « côte tordue » qui appelle à être dressée en la chargeant de tout et de rien, et en premier lieu la faute originelle de représenter la féminité et son attrait. Où en est-on de l’égalité homme-femme ? De ce principe inscrit dans les tablettes de la loi, les responsables de l’établissement éducatif n’ont que faire. C’est la fille qui doit expier pour tous les péchés que la société devrait assumer. Car tout ce qui renvoie au sexe relève du tabou, même un baiser innocent !

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