Brexit, Caillou et Sebta et Melillia… Londres s’engage à discuter avec Madrid…

Brexit, Caillou et Sebta et Melillia… Londres s’engage à discuter avec Madrid…
Brexit, Caillou et Sebta et Melillia… Londres s’engage à discuter avec Madrid…

Le Maroc n’a pas fait le moindre commentaire sur le déroulé des négociations sur le Brexit. Pourtant, l’affaire de Gibraltar doit le pousser à réagir auprès de nos amis espagnols pour voir comment régler à l’amiable l’affaire de la rétrocession au Maroc de ses présides spoliés. Ceux-là mêmes qui, au fil du temps, sont devenus un fardeau économique pour l’Espagne.

Pour rappel, samedi dernier, le gouvernement britannique a fait savoir qu’il était prêt à discuter en direct avec Madrid, après le Brexit, de l’avenir de Gibraltar, comme exigé par le très véhément chef du gouvernement espagnol. Une concession qui a dissipé les derniers doutes sur la tenue du sommet spécial Brexit de dimanche, Pedro Sanchez ayant menacé à trois reprises de « mettre son veto » à un accord sur le divorce.

Madrid avait menacé de voter contre le projet d’accord sur le Brexit si la partie concernant Gibraltar n’est pas modifiée. Le président du gouvernement Pedro Sánchez a fait cette mise au point mardi 20 novembre 2018, depuis la capitale espagnole.

La raison de l’ire de Madrid est liée au traité de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne qui, dans son article 184, établit que ce minuscule territoire de Gibraltar, situé à l’extrême sud de l’Espagne, à l’entrée du détroit du même nom, n’est pas un problème.

Or, pour le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez, le sort de Gibraltar est un enjeu important, national, pour reprendre ses termes. Il reprend en effet la position espagnole de toujours, à savoir : Gibraltar est une colonie britannique qui – c’est ce que dit le traité d’Utrecht de 1713 – doit revenir dans le giron espagnol dès lors qu’il change de statut.

Or, c’est bien ce que martèle ces jours-ci le ministre des Affaires étrangères Josep Borrell : au moment même où se produira officiellement le Brexit, le territoire de Gibraltar ne sera plus la même chose et Madrid devra donc avoir le dernier mot sur son avenir. Une position rejetée avec force par Fabian Picardo, le ministre en chef de Gibraltar qui souhaite, lui, conserver la très importante autonomie de ce territoire. Michel Barnier a eu fort à faire lundi 19 novembre, lors du conseil « Affaires générales », pour désamorcer la seule réserve émise sur l’accord de retrait par l’Espagne s’agissant de Gibraltar.  Les diplomates espagnols voulaient être certains que l’article 184 de l’accord ne préjuge pas du champ d’application territoriale de la future relation entre l’Espagne et cette possession anglaise à la pointe sud de la péninsule ibérique. Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol, a fait savoir qu’il souhaitait s’assurer que Gibraltar ferait l’objet d’un accord séparé entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, auquel les Espagnols devront consentir préalablement.

Les juristes bruxellois ont rappelé que l’article 184 n’était qu’une clause classique qui fixe une obligation de moyens et non de résultat. L’Espagne et le Royaume-Uni s’engagent simplement à négocier de bonne foi cette future relation. Pour lever tout malentendu, Theresa May et Pedro Sánchez ont eu un échange téléphonique le 21 novembre au soir. La solution proposée consiste à préciser, en marge du Conseil européen du dimanche 25 novembre, l’interprétation de l’article 184, par une déclaration des institutions européennes et des 27.

Tout ce ramdam politico-diplomatique ne concerne, pour rappel, qu’un tout petit territoire de 6km2 où vivent 30 000 personnes, les « Galitos », comme les nomment les Espagnols.

 

 

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