Les bulles de Doha : champagne, prêche et vidéo

Les bulles de Doha : champagne, prêche et vidéo
Ce n’est pas rien que de voir le secrétariat général du PJD se fendre d’un communiqué fustigeant les attaques à la vie privée des personnes publiques. L’affaire n’est pas anodine depuis qu’une vidéo captée via un smartphone montre le coin d’une boite de nuit à Doha où deux dignitaires marocains étaient attablés… Et les escouades islamistes sont connues pour occuper le cyberspace, là où les Marocains paraissent particulièrement entreprenants pour exiger, l’anonymat aidant, ce qui peut l’être. Multipliant les commentaires par-ci et charmant les indécis par-là. C’est de bonne guerre, dira-t-on. Surtout qu’en période électorale, ceux qui veulent sabler le champagne, « halal » SVP, n’hésitent pas à mettre le nez là où il ne faut pas pour récolter un max de sympathie. Un ministre porté sur la bouteille ? RAS du côté du PJD s’acharne-t-on à affirmer. Et les Marocains se souviendront toujours de l’épisode mediatico-judiciaire qui avait accompagné, avant de s’émousser, l’affaire d’un très énergique ministre PJD soupçonné d’avoir siphonné une bouteille qui n’a rien à voir avec l’eau minérale lors d’un séjour à l’étranger. Là, levée de boucliers et tout le tralala… Du coup, les buvards, c’est chez les autres. Tous les autres. A l’état-major du PJD, on comprend pourquoi l’alerte a été sonnée. C’est d’un ministre de la coalition qui plus est leader d’une formation politique qu’il est question de la vidéo de Doha. Etrange affaire dans laquelle on retrouve, cité, un conseiller du Roi. Et pas n’importe lequel ! Dès lors, le PJD condamne les fuites portant atteinte au respect de la vie privée des personnes publiques et précise n’être impliqué ni de près ni de loin dans de pareilles pratiques rédhibitoires. « L’atteinte au respect de la vie privée des personnes publiques et des citoyens en général est condamnable éthiquement et juridiquement », indique le secrétariat général du Parti de la Justice et du développement (PJD), à l’issue de sa réunion du mardi 2 août. Dont act !
Mais là où ça fait mal, c’est que la direction du PJD n’a pas profité de l’occasion pour rassurer les Marocains à propos des appels au meurtre lancés par un de ses jeunes militants. Ce dernier qui s’en prend aux détracteurs du PJD (et il est salué en cela par l’une des députées islamistes qui ose évoquer « la liberté d’expression » en commentant les appels au meurtre) n’a pas été remis à sa place par les cadors du PJD réputés être des maitres en matière de discipline partisane. Serait-ce parce que les islamistes qui prônent la modération peinent à occulter l’autre face de leur présence politique, fascisante à n’en point douter ? La question mérite d’être soulevée… Tout en conduisant à en soulever une autre : jusqu’à quand le PJD persistera-t-il à se coltiner son bras idéologique, le fameux MUR, alors qu’Ennahda, en Tunisie, n’a pas hésité à le zapper pour s’intégrer, réellement, dans le jeu démocratique ?

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