Calme précaire au Gabon : A. Bongo a choisi son chef de gouvernement

Calme précaire au Gabon : A. Bongo a choisi son chef de gouvernement
Le nouveau gouvernement gabonais doit être annoncé au plus tard ce dimanche 2 octobre. Deux jours après son investiture, le président Ali Bongo a choisi comme Premier ministre Emmanuel Issoze-Ngondet, jusu’alors chargé des Affaires étrangères. Cet ancien énarque entré au ministère des Affaires étrangères comme conseiller dès 1988 s’est forgé une dure carapace de diplomate avant d’intégrer, par la grande porte, l’expérience gouvernementale. Ministre de l’Energie, puis des Relations avec le Parlement, puis du Budget avant d’être nommé chef de la diplomatie gabonaise, en 2012, Emmanuel Issozet-Ngondet est investi d’un autre mandat qui n’est pas des plus faciles. Car il s’agira pour lui de gérer la colère d’une opposition dont la figure de proue n’est autre que son ancien collègue Jean Ping. Et former une équipe d’ouverture alors que l’opposition refuse tout dialogue et toute participation à un gouvernement d’union. L’homme est toutefois bien connu de ses adversaires. Durant sa carrière, Emmanuel Issozet-Ngondet a eu Jean Ping comme ministre de tutelle, une dizaine d’années durant.
La nomination d’Emmanuel Issozet-Ngondet à la primature confirme, en tout cas, le changement de pratique politique d’Ali Bongo par rapport à son père. Sous Omar Bongo, les chefs de gouvernement étaient systématiquement des Fangs de l’Estuaire. Son fils avait pour sa part nommé un Premier ministre du Woleu-Ntem dès son premier mandat. En voilà désormais un autre, de l’Ogooué-Ivindo cette fois-ci. Une première dans l’histoire du pays.
Le chef de gouvernement réussira-t-il a convaincre l’opposant en chef de l’opportunité d’ouverture qui se dessine au Gabon ? Rien ne le confirme pour le moment puisque J. Ping dénonce toujours ce qu’il appelle un « coup d’Etat militaro-électoral » du pouvoir. Tout en affichant sa détermination à assumer ses responsabilités de président élu. Autant dire que le chef de file de l’opposition ne reconnait pas la victoire du président Ali Bongo qui, dit-il, a les mains souillées du sang des Gabonais. Quant au gouvernement d’union proposé par le pouvoir, sans surprise, il l’a rejeté. Une attitude des plus rigides qui ne laisse pas le diplomate reconverti en chef de gouvernement sans voix. Pour lui, les choses sont claires et la démarché prônée aussi. Il s’agira de tenter d’atténuer la tension qui sévit dans le pays. D’autant que J. Ping appelle les Gabonais à une « résistance active ». Pour lui, le peuple doit faire obstacle « avec la plus grande détermination » à ce qu’il nomme « cette nouvelle imposture ». Jean Ping estime que les victimes des violences ne doivent pas être mortes pour rien. Exigeant un engagement dans le respect des normes internationales en matière de démocratie et en accord avec l’éthique républicaine. J. Ping veut prendre la main sur la politique d’ouverture. Il propose donc un dialogue national inclusif organisé à son initiative…

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