Ce que cache la Lune: Deux satellites fantômes…

Ce que cache la Lune Deux satellites fantômes…
Ce que cache la Lune Deux satellites fantômes…

Deux compagnons faits de poussières accompagnent la Lune, tels des fantômes, sur son orbite autour de la Terre. Ces nuages dits « de Kordylewski » échappent aux astronomes depuis plus d’un demi-siècle. Mais des scientifiques hongrois, Gábor Horváth et Judit Slíz-Balogh en l’occurrence, viennent finalement de les débusquer.  Les deux « satellites » insaisissables tournent autour de la terre à environ 400.000 km au-dessus de nos têtes.

Leur existence était jusqu’à récemment entachée de controverses car « ce sont des phénomènes extrêmement ténus [et qui] dépendent énormément des conditions météorologiques », assurent les scientifiques qui officient à l’université hongroise Eötvös Lorand,. « Toutes les précédentes observations ont été réalisées par photométrie (photographie ordinaire) et à l’oeil nu. [Elles] ont livré des résultats ambigus et controversés, par exemple un léger scintillement. »

Cependant, en utilisant une méthode d’observation tout à fait inédite, ces chercheurs viennent de confirmer que ces nuages étaient bel et bien réels. Ils ont fait part de leur découverte dans deux publications parues en septembre et octobre dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.

« Nous avons observé le nuage L5 », déclarent les chercheurs. Pour ce faire, ils ont tout d’abord modélisé leur formation, leur comportement et leur apparence pour savoir comment les détecter. « Un nuage de poussières est une structure dynamique. Les particules changent constamment : certaines s’échappent, d’autres sont capturées. La formation elle-même est permanente, mais sa forme et sa concentration évoluent tout le temps », signalent les deux scientifiques.

En effectuant les simulations informatiques, les chercheurs se sont tout particulièrement penchés sur les caractéristiques de la lumière diffusée et réfléchie par les nuages de Kordylewski, à savoir l’angle et le degré de polarisation (proportion de la lumière qui est polarisée). En effet, « la lumière du Soleil non polarisée se polarise partiellement linéairement en étant dispersée par les particules de poussière », expliquent Gábor Horváth et Judit Slíz-Balogh.

« La particularité de nos observations est l’application de l’imagerie polarimétrique, qui « rend visible ce qui est invisible », indiquent les chercheurs, qui se disent surpris que personne n’y ait songé auparavant. À l’observatoire privé de Judith Slíz-Balogh, à Badacsonytördemen en Hongrie, l’équipe a appliqué sur le télescope trois filtres différents, polarisés linéairement, et a ainsi pu faire « plusieurs observations qui confirment l’existence de ce nuage. » Dans les données et les images de la lumière polarisée qu’ils ont obtenues, « l’existence du nuage de poussière était évident ».

Certains de l’existence des nuages de Kordylewski, les chercheurs appellent maintenant d’autres astronomes à corroborer leurs observations à l’aide de télescopes au champ de vision plus large que le leur. Pour eux, l’aventure n’est pas encore terminée puisqu’ils pistent déjà le second nuage, celui du point L4.

 

 

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