Censure : Mobilisation pour le cas Aziz Benhaddouch

Censure : Mobilisation pour le cas Aziz Benhaddouch
Contrairement à toute attente, la justice sévit contre les intellectuels. La preuve ? Le tribunal de première instance de Ouarzazate vient de condamner Aziz Benhaddouch, professeur de philosophie et romancier, à une peine de 2 mois de prison avec sursis et d’une amende de 1.000 DH assortie de 20.000 DH de dommages et intérêts. Pièce à charge ? Un roman de fiction. De quoi inquiéter les militants associatifs (et pas seulement !), qui y voient une atteinte à la liberté de création.
Edité en 2014, « L’île des hommes » raconte l’histoire de familles vivant dans des régions reculées qui ne déclarent pas le décès de leurs enfants aux autorités, afin de continuer de bénéficier des allocations. Le livre raconte également l’histoire d’enfants inscrits dans les livrets de famille de leurs proches pour que ces derniers puissent bénéficier de ces mêmes allocations. Cette situation, comme le décrit l’auteur du roman, a créé de nombreux conflits liés à l’héritage et à la succession.
Malgré les précautions d’usage qui préfacent pareils récits, le roman a déplu à l’une des familles de Taznakht. Attaqué par ses membres, A. Benhaddouch s’en est sorti avec des blessures à la tête. L’un d’eux, identifié par la victime a été arrêté et condamné à 1 mois de prison ferme. Mais deux personnes, appartenant à la même famille des agresseurs ont ensuite porté plainte contre l’auteur pour diffamation, et ce en raison des éléments cités dans son livre présentant de nombreuses similitudes avec leur histoire. L’auteur a été convoqué à cinq reprises en audience au tribunal de première instance de Ouarzazate avant d’être condamné le 2 août dernier.
L’association Bayt Al Hikma dénonce, dans un communiqué publié en début de semaine ce procès qui « est une violation de la Constitution marocaine, qui garantit la liberté de pensée et de création » et appelle à l’annulation des poursuites contre Aziz Benhaddouch. Quant à l’Organisation pour les libertés d’expression et des médias (Hatim), elle s’engage à soutenir l’auteur en appel.

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