Au-delà de la réaction du parti de l’Istiqlal (PI) à la cession par le gouvernement de 8% du capital et des droits de vote de Maroc Télécom, c’est toute la politique de privatisation menée par les pouvoirs publics qui est mise à l’index.
Le débat sera-t-il relancé ?

Tout a commencé le 31 mai lorsque l’opérateur historique a précisé avoir reçu un courrier de la part des Finances indiquant que cette cession devrait s’opérer dans les semaines à venir et s’opérerait à travers « des cessions de blocs d’actions et d’une offre publique de vente sur le marché boursier marocain ».

Pour l’Alliance des économistes Istiqlaliens (AEI), que préside l’ancien ministre du Commerce extérieur, Abdellatif Maâzouz, il n’aura pas fallu plus pour qu’elle se fende d’un communiqué exprimant son « inquiétude » quant à « la manière avec laquelle le gouvernement se sépare, dans l’urgence, de participations publiques stratégiques ».

Rappelant que Maroc Telecom représente un « opérateur historique et levier de l’investissement technologique du Maroc à l’étranger », l’Association souligne que le Maroc a derrière lui des expériences de cessions « malheureuses ».
Il en fait, d’ailleurs, son principal argument de mise en garde.
« L’expérience a montré que le désengagement total de l’Etat de certaines entreprises, telles que la COMANAV et La SAMIR, a malheureusement mal fini », prévient-il, ajoutant que l’impact n’a pas été des moindres, conduisant «à la destruction de certains écosystèmes structurants pour notre économie avec la perte de milliers d’emplois».
Voilà pourquoi l’Association appelle le gouvernement à éviter de retomber dans des situations défavorables à la croissance économique.

«La cessation d’activité de la COMANAV a, en effet, privé notre pays d’un pavillon maritime national historique au moment où les besoins des Marocains résidant à l’étranger (MRE), notre commerce extérieur et nos infrastructures portuaires connaissent un développement sans précédent».

Quant à la SAMIR, l’AEI soutient que sa fermeture a privé le pays de « son unique raffineur, d’une importante capacité de stockage de ses hydrocarbures et de tout un écosystème lié à l’industrie chimique avec d’importantes pertes d’emplois et de métiers dans ces secteurs ».
Et l’AEI de se désoler de voir que ces privatisations ne se font pas dans le cadre d’ « une nouvelle approche pour un investissement public directement productif », mais pour « compenser l’impasse budgétaire prévue pour 2019 ».

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