Chasse à l’homme en Bolivie Atmosphère de chaos après le départ d’E. Morales
Chasse à l’homme en Bolivie Atmosphère de chaos après le départ d’E. Morales

En Bolivie, tandis qu’à La Paz, le Parlement s’est enfin réuni et que l’organisation de nouvelles élections se profile, dans la ville voisine de El Alto, quartier de Senkata, les habitants pleurent leurs morts.
Mardi, lors du déblocage d’une usine d’approvisionnement en combustible, qui était encerclée par des partisans de l’ex-président, huit personnes sont décédées dans les affrontements avec les forces de l’ordre.

C’est toute la zone de Senkata qui était en deuil mercredi. Les huit cercueils ont été rassemblés sur la place principale, et les habitants sont venus un par un présenter leurs condoléances aux familles.
En face, le gouvernement affirme que des groupes étaient prêts à attaquer l’usine de combustible, ce qui aurait pu entraîner de très graves conséquences, alors que les habitants disent vivre une terrible injustice.
« Les policiers ont tiré sans aucune gêne, nous raconte une femme, sans se poser de question, on aurait dit un champ de bataille ! Mais nous ne sommes pas des terroristes ici, les gens bloquaient l’usine pacifiquement, sans violence.»

Et ces morts, qui seraient dus aux tirs des forces de l’ordre, ne resteront pas impunis selon les habitants. Beaucoup sont prêts à se battre.
« Nous réclamons justice, s’indigne un homme, nous voulons que la Présidente dénonce ces morts, qu’elle les reconnaise et qu’elle paie pour ça ! Nous lutterons tant qu’il faudra, nous ne resterons certainement pas les bras croisés. »

Des milliers de personnes se sont réunies pour prier leurs défunts, qui sont devenus des martyrs, morts pour défendre la démocratie, disent-ils.
Les citoyens de Senkata ne reconnaissent pas l’actuel gouvernement et demandent le retour d’E. Morales. Et ils ont annoncé qu’ils tenteront jeudi d’amener les cercueils sur la Plaza Murillo, la place du palais du gouvernement à La Paz.

Jeanine Añez a envoyé mercredi un projet de loi au Parlement visant à organiser de nouvelles élections présidentielle et législatives, un mois après le scrutin présidentiel du 20 octobre qui a marqué le début de la crise politique actuelle que vit la Bolivie.

Le texte de loi annulerait l’élection présidentielle organisée à l’issue de laquelle M. Morales avait été proclamé réélu pour un quatrième mandat.
Il permettrait aussi la mise en place d’un nouveau Tribunal suprême électoral (TSE) qui décidera d’une date pour le nouveau scrutin.
Le texte doit être approuvé par le parlement, où le Mouvement vers le socialisme (MAS) de l’ex-président Evo Morales est majoritaire.

La présidente par intérim, qui conserve la possibilité d’émettre un décret présidentiel pour convoquer des élections, a déclaré en conférence de presse vouloir ainsi créer un «consensus national», rapporte l’AFP.
La grave crise post-électorale qui secoue la Bolivie a déjà fait 32 morts.

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