Chaudron social d’Imzouren: L’Intérieur en mal de gouvernance

Chaudron social d’Imzouren: L’Intérieur en mal de gouvernance
Ceux qui ont un tant soit peu de flair auront compris, depuis la sombre affaire du poissonnier, érigé en martyr de la dignité rifaine, que le Nord avait besoin d’une autre gouvernance. Celle qui devait prendre le relais du déplacement à Al-Hoceima, de la brochette de responsables de l’Intérieur conduits par Mohamed. Hassad, ex-wali de Tanger (qui soit dit en passant connaît très bien les problèmes de la région), et par monsieur « sécurité » qu’est Charki. Draïss. Mais ce fut peine perdue que d’attendre une quelconque nouvelle dynamique, exigée jusque par le Président de la région et patron du PAM ; l’objectif étant non plus de se contenter de désamorcer momentanément la bombe sociale, mais plutôt d’appréhender les raisons de la colère dans cette partie du Nord du pays et de réagir en conséquence. Sans jamais privilégier l’approche de la confrontation…
Depuis, les Marocains suivaient de près l’évolution d’un chaudron qui n’avait pas à avoir lieu dans une région où les esprits ont tendance à chauffer rapidement pour un « oui » comme pour un « non ». D’autant que le développement socio-économique s’opère dans la vaste zone à plusieurs vitesses.
Si l’on en croit les infos relayées par les médias quant aux derniers incidents dramatiques qui ont émaillé la chronique de la localité d’Imzouren, le cycle de la violence qui y a court aura conduit à l’arrestation de jeunes soupçonnés d’avoir incendié des locaux et des véhicules dédiés à la police. Et le procès qui suivra, quand bien même le respect de la loi se ferait dans les règles de l’art, s’accompagnera de peines plus ou moins lourdes pour servir d’exemple. Donnant la preuve que l’Etat n’a pas disparu de la région. Mais est-ce pour autant suffisant lorsqu’on sait que les raisons de la colère sont toujours-là, prégnantes, oppressantes même ? La question mérite d’être débattue… Même si parallèlement à ce tour de vis répressif opéré par l’Etat, l’Intérieur a décidé de sévir aussi parmi les siens en relevant le gouverneur de la province de ses fonctions.
L’affaire paraît relever de la simple chronique sociale avec ses hauts et ses bas. Mais derrière, il faut s’avouer que l’on est face à une lame de fond qui expire la fronde séditieuse. Au moment même où le procès du tristement célèbre épisode de Gdim Izig braque les feux de la rampe, il serait plus qu’opportun de tirer les conclusions qui s’imposent.
Tout pourrissement de la situation ne peut conduire qu’aux effets indésirables pour un pays où la paix sociale est citée en exemple. Les responsables seraient certainement bien inspirés en changeant de logiciel dans la gestion de pareils dérapages. Une affaire de salut de public, en somme… Qu’un déplacement inopiné de M. Hassad ne saurait, à lui seul, garantir.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.