Coalition anti-Daech: Le Maroc à la messe washingtonienne

Coalition anti-Daech Le Maroc à la messe washingtonienne
Coalition anti-Daech Le Maroc à la messe washingtonienne


Washington a accueilli mercredi 6 février 2019 la 10e conférence ministérielle des pays membres de la coalition qui combat depuis 2014 l’organisation Etat islamique au Moyen-Orient (ISIS).

Forte de 75 nations contributrices, la réunion de cette Conférence à laquelle le Maroc prend part se tient alors que le président américain Donald Trump a annoncé le retrait des forces américaines de Syrie et de l’Afghanistan… Tout en envisageant sérieusement de pérenniser sa présence en Irak en procédant à l’agrandissement de la base US d’Aïn Al-Assad. Si la coalition devrait à l’avenir se consacrer d’avantage à des missions de formation et de reconstruction, particulièrement en Irak, là où des débats houleux sont nourris autours des desseins US, côté syrien, la question d’un maintien d’une présence occidentale est plus problématique.
La diplomatie américaine reconnaît qu’il faut maintenant créer les conditions d’une « défaite durable » de Daech. La France y participera comme l’a assuré dès le 17 janvier dernier le président français Emmanuel Macron lors de ses vœux aux armées : « Nous resterons militairement engagés au Levant au sein de la coalition internationale, nous adapterons notre dispositif global en fonction des opérations et de la situation politique, mais toute précipitation à se retirer serait une erreur ». Le secrétaire d’Etat Mike Pompeo assure pour sa part que la réunion permettra d’évoquer « la prochaine phase de la campagne en Irak afin d’éviter une réapparition de l’EI grâce à l’assistance en matière de stabilisation et de sécurité ».
Depuis 10 ans, l’Irak est un partenaire stratégique des Etats-Unis, mais ce n’est pas le cas de la Syrie, dont le régime est militairement tenu à bout de bras par la Russie. A Moscou, le 20 décembre dernier, le président russe Vladimir Poutine s’est empressé de saluer le départ annoncé des Américains : « Le retrait des troupes américaines est une excellente chose (…) Je ne crois pas que la présence de soldats américains en Syrie soit utile, et n’oublions pas que cette présence n’a été approuvée ni par le Conseil de sécurité de l’ONU, ni par le gouvernement syrien. Nous, nous sommes en Syrie parce que nous y avons été invités par les autorités syriennes, et ce n’est pas le cas des Américains. Donc, s’ils décident de retirer leurs troupes, c’est une décision juste », avait affirmé devant les journalistes le chef du Kremlin.
A ce stade, « les Américains n’ont pas encore quitté la Syrie », font remarquer les militaires français. « Un départ progressif et en bon ordre est possible, et les opérations pourraient encore durer jusqu’au printemps. » Mais la question qui se pose à présent dans le camp occidental est de savoir comment ne pas laisser une victoire totale aux Russes et à leurs alliés dans la région. Les Occidentaux s’interrogent aussi sur les moyens de protéger les partenaires kurdes des FDS face à l’armée turque, tout en maintenant une capacité anti-terrorisme dans le nord-est de la Syrie. Donald Trump a évoqué une « zone tampon » dans le nord de la Syrie, en France on évoque aussi la mise en place d’une « zone d’exclusion aérienne ».
Avec les Etats-Unis, la Jordanie, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Egypte et l’Arabe saoudite, la France fait partie du petit groupe des nations en pointe dans le lutte contre l’Etat islamique. En Syrie et en Irak, le démantèlement du califat territorial ne signifie pas la fin de Daech, rappelle-t-on à Paris. « Nous n’en avons pas fini avec le terrorisme, et nous n’en avons pas fini avec le djihadisme, parce que Daech est toujours là, il y a encore des Français, des Belges, des Tunisiens, qui combattent encore dans la zone », prévenait en début de semaine le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, interviewé sur la radio France Inter.

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