Conjoncture : La panne provoque BAM

Conjoncture : La panne provoque BAM
La banque centrale multiplie ses avertissements quant à la situation désastreuse de la conjoncture nationale. Tournant au ralentit, l’économie nationale risque de voir sa progression limitée à 1.2% selon le gouverneur de Bank al Maghrib.
Le Wali de BAM est loin d’être satisfait de sprint final du gouvernement et le fait savoir à qui veut bien l’entendre. Prenant part à de l’assemblée générale de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF), A. Jouahri a dressé un tableau plutôt sombre de la situation économique du Royaume : croissance en berne, compétitivité économique faible, tissu productif très fragile, grands groupes industriels en difficulté, crédit en panne, fort taux de chômage des jeunes (40% dans les villes). Tous ces éléments confirment tristement les pronostics de croissance émis par la banque centrale et qui ne devraient pas dépasser les 1.2%. A cela l’amélioration des équilibres macroéconomiques et la stagnation de l’endettement public (64% du PIB) ne feront rien d’exceptionnel. Car malgré l’ensemble des efforts consentis par BAM, notamment en matière de baisse historique du taux directeur à 2.25 et son soutien à la TPME, la conjoncture persiste dans la morosité. Afin de sauver ce qui reste de l’année, le wali de BAM s’est allié à la CGEM et le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) pour préparer un mémorandum pour interpeller le gouvernement quant à cette situation délicate et qui nécessite une action de l’Exécutif notamment sur les dossiers de l’environnement des affaires et les délais de paiement.
Confiance perdue !
Deux enquêtes d’opinion sur le degré de confiance des entreprises et des ménages au premier trimestre 2016 témoignent des difficultés économiques conjoncturelles qui minent le pays en ce début d’année.
Ces données confirment les préoccupations des entrepreneurs par ses indicateurs de transition : la gouvernance d’entreprise (et la loi sur les faillites) et la concurrence sont les deux critères les plus en déphasage avec les ambitions du royaume. Dans ce sens, le baromètre de la conjoncture publié par la CGEM à partir de sondages réguliers auprès des entreprises se détériore à 36% d’opinions favorables à 3 mois (pour 46% en septembre 2015). Le moral des entrepreneurs est donc affecté par la conjoncture médiocre, notamment une croissance du PIB qui décélère fortement en raison des mauvaises performances de l’agriculture, victime de la sècheresse. Ceci pèse sur les commandes.
La majorité des chefs d’entreprises pensent différer leurs investissements. Par ailleurs, les principales préoccupations des entrepreneurs restent la concurrence déloyale et les retards de paiement (surtout ceux de la part de l’Etat), sujets qui devancent les questions fiscales ou sociales.
De leur côté, les ménages ressentent un même sentiment d’inconfort : ils estiment que leur pouvoir d’achat va diminuer dans les prochains trimestres, que le chômage va progresser et que leur capacité d’épargne se détériore. L’indice de confiance publié par le Haut-commissariat au plan chute à 70. Cette tendance est aussi corroborée par certains chiffres: la consommation des ménages est en baisse en début d’année et le chômage des jeunes est en forme de pyramide inversée (plus le niveau de qualification est élevé, plus on court le risque d’être au chômage). Le chômage des diplômés universitaires atteint 23%, le double de la moyenne nationale. Malgré ces contre-performances conjoncturelles, la stabilisation des équilibres macro-économiques marocains se poursuit (compte courant, déficit budgétaire, réserves en devises), mais à un rythme moins rapide que prévu l’année dernière.

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