COP24: Américains et Saoudiens brident les ambitions

COP24 Américains et Saoudiens brident les ambitions
COP24 Américains et Saoudiens brident les ambitions

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Même avec 24 heures de plus, la 24e Conférence de l’ONU sur le climat s’est achevée, samedi à Katowice (Pologne), sur un goût d’inachevé. Certes, près de 200 pays sont parvenus à surmonter leurs divisions pour se mettre d’accord sur des règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat, adopté en décembre 2015 et entré en vigueur en novembre 2016. Accord qui vise à réduire la hausse de la température mondiale à moins de deux degrés Celsius par rapport à l’époque préindustrielle. « La science a clairement montré que nous avons besoin d’ambition accrue pour battre le changement climatique », a déclaré dit Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU dans un message lu par la responsable climat de l’ONU, Patricia Espinosa. Et « désormais mes cinq priorités seront ambition, ambition, ambition, ambition et ambition », a-t-il répété dans ce message: « ambition en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’adaptation (aux impacts, nldr), de financements, de coopération technique et d’innovation technologique ».

On rappellera que de nombreux défenseurs du climat réclamaient une réponse forte de la COP24 avec un engagement clair de tous les pays à réviser à la hausse d’ici 2020 leurs promesses de réductions de gaz à effet de serre. Mais les pays n’ont pu s’accorder pour « accueillir favorablement »  le contenu de ce rapport dans le texte final, devant l’opposition d’une poignée d’entre eux, en particulier les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite.

Le rapport du Giec, dernière synthèse de la science climatique mondiale, montre les grandes différences d’impacts entre un monde à +1,5°C et à +2°C, et explique qu’il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de près de 50% d’ici 2030 pour rester sous +1,5°C, objectif idéal de l’accord de Paris. A Katowice, la communauté internationale s’est contentée d’ « accueillir favorablement sa réalisation à point nommé ». La COP « reconnaît le rôle du Giec, chargé de délivrer les données scientifiques permettant d’informer »  les pays, et « invite les parties à faire usage des informations contenues dans le rapport ».

Ce point de discorde n’augurait pas de grandes déclarations en faveur de l’action. Dans un contexte international tendu, la COP24 se limite ainsi à « répéter la demande de mise à jour » des engagements d’ici 2020, déjà formulée dans l’accord de Paris, évoquant toutefois des « efforts pour rehausser les ambitions d’ici 2020 ». Mais ces négociations ont surtout permis l’adoption du manuel d’utilisation du pacte de Paris.

Plus de 160 pays ont déposé depuis 2015 des engagements de réduction de gaz à effets de serre. Ceux qui ne l’ont pas fait doivent le faire d’ici 2020. Ensuite, ces engagements nationaux devront être mis à jour tous les cinq ans.

Les règles d’application précisent comment compter les émissions, et ce à partir de 2024, et quoi compter, en suivant les directives du Giec. Elles prévoient que les pays soumettent tous les deux ans un rapport expliquant leurs actions, soumis à l’évaluation d’experts mais sans pouvoir ouvrir la voie à des sanctions.

Une flexibilité est accordée aux pays les moins avancés et aux Etats insulaires, en fonction de leurs capacités. Les autres pays en développement doivent fournir un argumentaire et un cadre temporel. Tous les cinq ans, à partir de 2023, les pays feront le « bilan mondial » de leurs efforts collectifs.

Si l’accord de Paris prévoit que les pays développés aident financièrement les pays en développement à réduire leurs émissions et à s’adapter aux impacts des dérèglements, il ne reste pas moins que les engagements restent faibles. Les règles d’application insistent sur la nécessité que ce financement soit « prévisible », et invitent les pays riches à un rapport « qualitatif et quantitatif » sur ces financements tous les deux ans à partir de 2020.

Les pays les plus pauvres attendaient aussi à Katowice davantage de précisions après la promesse faite dès 2009 par les pays du Nord de monter leur aide climatique à 100 milliards de dollars annuels d’ici 2020. Ils auraient également souhaité en savoir plus sur ce qui sera fait après cette échéance. On notera que l’Allemagne et la Norvège ont annoncé le déblocage, pour  le Fonds vert, de 1,5 milliard de dollars  et 500 millions.

L’accord de Paris reconnaît la « nécessité d’éviter les pertes et préjudices » liés aux impacts déjà à l’oeuvre : montée de la mer, sécheresses etc. Le sujet est épineux car certains, et en premier les Etats-Unis, craignent que cela n’ouvre la voie à des procédures judiciaires d’indemnisation. Ce dossier a été l’objet d’intenses tractations à la COP24, et il figure finalement dans le « mode d’emploi », sans qu’il soit cependant question de financements comme le souhaiteraient les pays vulnérables.

De nombreux participants à la COP ont appelé à une « transition juste » vers une économie bas-carbone, pour l’ensemble de la société. La décision finale prend simplement « note de la Déclaration de Silésie » portée par Varsovie qui veille sur son économie de charbon, « qui reconnaît la nécessité de prendre en compte les impératifs d’une transition juste pour la population active ».

François de Rugy, ministre de la Transition écologique absent lors de la COP 24, a salué samedi l’adoption des règles d’application de l’accord de Paris, « une étape clé » de la lutte contre le changement climatique.

Du côté des ONG, le bilan est en demi-teinte. Le WWF (Fonds mondial pour la nature) reste très préoccupé quant à l’incapacité collective des Etats pour répondre à l’urgence climatique. Même son de cloche du côté de Greenpeace : « Un fossé se creuse dangereusement entre la réalité du changement climatique décrite par la science, avec ses conséquences dramatiques pour les populations dans certaines régions du monde, et l’action politique. La COP 24 a donné le triste spectacle d’une incompréhension entre des pays qui défendent leurs intérêts économiques et industriels, et des pays vulnérables qui jouent leur survie. Au final, ce sont les peuples qui sont abandonnés », regrette dans un communiqué de presse Clément Sénéchal, chargé de campagne climat pour Greenpeace France.



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