Coup d’Etat déjoué à Khartoum: Les factieux voulaient-ils torpiller la transition ?
Coup d’Etat déjoué à Khartoum: Les factieux voulaient-ils torpiller la transition ?

Un représentant du Conseil militaire au pouvoir à Khartoum a affirmé, lors d’une allocution retransmise jeudi soir  en direct à la télévision nationale, l’échec d’un putsch.
Cette annonce survient alors que militaires et opposition politique s’apprêtent à signer l’accord définitif de partage du pouvoir négocié sous l’égide de l’Union africaine et de l’Éthiopie.

C’est le général Jamal Omar, un des sept membres de la junte qui a annoncé la « tentative de coup d’État ». « Parmi les putschistes figurent des officiers et des soldats de l’armée, ainsi que des membres des Services de renseignements, dont certains retraités », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que douze officiers et quatre soldats avaient été arrêtés.
Une enquête est en cours, a-t-il indiqué, pour déterminer qui est derrière cette tentative de putsch, sans toutefois préciser quand celle-ci avait eu lieu.
Selon ce général, l’objectif était de s’opposer à l’accord de partage du pouvoir conclu la semaine dernière entre l’armée et l’opposition.
Un accord dont le texte final a été présenté hier soir aux deux délégations. Et qui devrait être signé dans les jours qui viennent.

Des dissensions existent au sein des forces de sécurité. D’ailleurs, le mois dernier, le Conseil militaire de transition avait fait état d’un putsch manqué.

Un compromis a été trouvé au Soudan le 5 juillet entre les putschistes au pouvoir à Khartoum et la coalition civile.
Il prévoit un partage du pouvoir pendant un peu plus de trois ans. Selon une enquête d’Associated Press, pression diplomatique et rencontres secrètes ont permis à l’accord d’aboutir.

L’impulsion serait venue de Washington et notamment, selon Associated Press, grâce à la nomination de Donald Booth comme envoyé spécial au Soudan le 12 juin.
Les Américains ont d’abord mis la pression sur leurs propres alliés, Arabie Saoudite, Émirats et Égypte. Les trois pays sont les principaux soutiens de la junte au pouvoir à Khartoum. Ils leur ont demandé de soutenir les propositions des médiateurs de la crise, l’Union africaine et l’Éthiopie.
On ignore si le diplomate a utilisé des moyens de pression. En tout cas, le même message a été transmis aux putschistes et aux civils soudanais.
Washington pourrait même avoir promis une immunité aux soldats coupables d’exactions. «Les Américains demandaient un accord le plus vite possible, confie une source soudanaise. Leur message était clair : le partage du pouvoir et en échange, personne du conseil militaire ne serait poursuivi en justice».

Une percée décisive aurait eu lieu le 29 juin lors d’une rencontre secrète au domicile d’un homme d’affaires soudanais. Parmi les participants, des représentants civils, les chefs de la junte Abdel Fatah Al Burhan et Hemetti, des officiels américains, britanniques, arabes et émiratis.
Un compromis a été trouvé au bout de trois heures de négociations.
Les chefs civils ont tout de même maintenu les manifestations monstres du lendemain, disant qu’ils avaient besoin de temps pour préparer la population.
Cinq jours plus tard, un accord était annoncé. Samedi, le Conseil militaire s’est engagé à «appliquer» et «préserver» cet accord.
Le texte final devait être signé dans les prochains jours.
Cette annonce, premier signe de détente entre les deux parties après des mois de tensions, a donné lieu à des scènes de liesse dans les rues de Khartoum.

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