Crise au Yémen : Retrait Houthi de Hodeida et raids saoudiens sur Sanaa
Crise au Yémen : Retrait Houthi de Hodeida et raids saoudiens sur Sanaa

Le tension continue de monter dans le golfe arabique après un raid de la coalition saoudienne mené sur Sanaa, qui a fait au moins six morts et plusieurs blessés, en réponse à l’attaque de deux stations de pompage par les Houthis.

D’après des sources médicales yéménites, les corps de six personnes sont arrivés à l’Hôpital républicain de Sanaa, ainsi que dix blessés. Toutes ces victimes auraient été dénombrées dans un même quartier de la capitale.

Khaled ben Salmane, fils du roi d’Arabie saoudite et vice-ministre de la Défense, a de son côté accusé l’Iran d’être derrière l’attaque de drones revendiquée par les rebelles houthis du Yémen et qui a visé, le 14 mai, deux stations de pompage d’un oléoduc de la région de Ryad. «L’attaque par les miliciens Houthis contre deux stations de pompage d’Aramco prouve que ces miliciens sont un simple instrument que le régime de iranien utilise pour mettre en œuvre son agenda expansionniste dans la région», a ainsi affirmé le prince Khaled sur Twitter.

On rappelle que les forces houthis se sont retirées ces derniers jours de trois ports stratégiques, dont Hodeïda. Même si ce retrait était attendu depuis un accord signé à Stockholm en décembre dernier, l’ONU s’est félicitée de cette opération qui devrait avoir un impact important pour l’acheminement de l’aide humanitaire – 10 millions de Yéménites dépendent cette année de l’aide alimentaire pour survivre. Toutefois, au-delà de ce cas, on est toujours loin d’un règlement politique de la crise. Dans le reste du pays, les combats continuent, s’intensifient même dans certaines zones. L’ONU réclame donc de nouveaux retraits de troupe.

Martin Griffiths avait enfin une nouvelle plutôt positive à présenter au Conseil de sécurité. L’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen a confirmé que les troupes houthies s’étaient bien retirées tout récemment de trois ports sur la mer Rouge.

Mais s’il a ainsi félicité les rebelles pour avoir tenu un engagement négocié en décembre dernier à Stockholm, il voudrait que le processus de retraits militaires s’étende à d’autres zones du pays, et qu’il concerne aussi les forces gouvernementales.

« Ces redéploiements doivent être suivis d’actions concrètes par les parties pour qu’elles s’acquittent de leurs obligations en vertu de l’accord de Stockholm, et je suis certain que ce sera le cas. Nous voulons que les parties assurent que l’élan que l’on commence à constater se poursuive avec de nouvelles étapes conséquentes dans les redéploiements de chacun. », a déclaré l’envoyé spécial de l’ONU.

Même s’il faut attendre pour s’assurer de la réalité du changement à Hodeïda et dans les deux autres ports, cette opération, supervisée par l’ONU, est qualifiée de succès. Première conséquence, l’acheminement d’une aide humanitaire essentielle devrait être amélioré dans les prochaines semaines.

Mais peut-on aussi envisager désormais une reprise de pourparlers politiques constructifs ? La mise en œuvre partielle de l’accord de Stockholm ne fait pas oublier que des combats très violents persistent dans de nombreuses autres zones du Yémen. Comme le dit Martin Griffiths, le pays est à « la croisée des chemins, entre guerre et paix ».

Des affrontements ont éclaté mercredi à Hodeïda, principal port yéménite sur la mer Rouge, au lendemain de l’annonce par les Nations unies du retrait des combattants houthis qui occupaient la ville dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu.

La reprise des combats intervient aussi au lendemain d’une attaque au drone revendiquée par le mouvement chiite soutenu par l’Iran contre des installations pétrolières en Arabie saoudite, fer de lance de la coalition arabe qui les combat pour rétablir le président yéménite en exil Abd-Rabbo Mansour Hadi.

Les Nations unies, qui espèrent relancer les négociations de paix, ont annoncé mardi que le retrait des Houthis d’Hodeïda et de deux autres ports s’était déroulé “en partie comme convenu”  entre les belligérants.

Lors de la première phase de ce redéploiement, les miliciens devaient remettre leurs positions aux gardes-côtes, considérés comme relativement neutres dans le conflit entre les Houthis et les loyalistes.

Mais de nouveaux combats ont éclaté mercredi matin, les deux camps s’accusant mutuellement d’en être à l’origine.

Selon la coalition arabe, les Houthis ont tenté de revenir à Hodeïda et dans le secteur d’Al Douraihmi, situé plus au sud, où ils auraient été repoussés par les forces gouvernementales.

Les médias pro-Houthis accusent pour leur part ces dernières d’avoir pilonné à l’artillerie lourde plusieurs quartiers de la ville d’Hodeïda, dont l’aéroport.

Le port d’Hodeïda est le principal point d’entrée des importations alimentaires et de l’aide humanitaire à destination de la population yéménite.

Le retrait houthi engagé ce week-end constituait l’avancée la plus significative des efforts diplomatiques conduits par l’Onu pour tenter de mettre fin à quatre années de guerre.

Le cessez-le-feu couvrant la région d’Hodeïda, décidé en décembre dernier lors de pourparlers à Stockholm, a tenu pour l’essentiel, mais les violences se sont poursuivies ailleurs au Yémen.

D’après la chaîne de télévision saoudienne Al Arabia, citant tôt mercredi matin des sources militaires, les forces pro-gouvernementales ont tué 97 combattants houthis dans le gouvernorat de Dhale, dans le sud-ouest du pays.

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