Crise du Yémen: Riyad tente de plier bagage en s’ouvrant aux Houthis
Crise du Yémen: Riyad tente de plier bagage en s’ouvrant aux Houthis

Quitter le bourbier yéménite : tel semble être l’objectif ciblé par Riyad. Pour ce faire, Mohamed Bin Salman a supervisé depuis la capitale du Royaume wahhabite un accord de partage de pouvoir dans le Yémen du sud… Alors que des officiels saoudiens laissent fuiter des informations sur des contacts avec les Houthis qui leur tiennent la dragée haute.

Les États-Unis se sont félicités mercredi de la signature de l’accord de Riyad entre le gouvernement de la République du Yémen et le Conseil de transition du sud.
« Nous espérons que, grâce à cet accord, toutes les parties travailleront de concert pour mettre fin au conflit et instaurer la paix et la stabilité que mérite le peuple yéménite », a indiqué, dans un communiqué, la porte-parole du département d’Etat, Morgan Ortagus. « Nous remercions le prince héritier saoudien Mohammed Bin Salman et le gouvernement saoudien, le président Hadi et son gouvernement ainsi que le gouvernement des Émirats arabes unis pour avoir facilité la conclusion de cet accord fondamental qui soutiendra les efforts déployés par l’ONU pour parvenir à un règlement politique global », a ajouté M. Ortagus.

« Hier, la gouvernement de la République du Yémen et le Conseil de transition ont démontré l’esprit de compromis dont toutes les parties ont besoin pour parvenir à une solution durable », a-t-elle relevé, soulignant que « les États-Unis exhortent les parties à adhérer à l’application de cet accord ».

« Nous continuerons à travailler avec nos partenaires internationaux pour apporter la paix, la prospérité et la sécurité au Yémen », a conclu la porte-parole du département d’Etat.

En parallèle, l’Arabie saoudite serait en « contact » avec les rebelles Houthis pour mettre fin à la guerre au Yémen, a indiqué mercredi un haut responsable saoudien.
« Nous avons un canal ouvert avec les Houthis depuis 2016 et nous continuons ces contacts pour parvenir à la paix au Yémen », a déclaré ce responsable à des journalistes, sous le couvert de l’anonymat.

Cette annonce intervient après la signature mardi à Ryad d’un accord de partage du pouvoir dans le sud du Yémen, parrainé par l’Arabie saoudite.
L’accord, déjà contesté côté yéménite, met théoriquement fin au conflit entre le gouvernement soutenu par Ryad et les séparatistes du Conseil de transition du sud (STC), appuyé par les Emirats arabes unis.

« Nous ne fermons pas nos portes aux Houthis », a ajouté le responsable saoudien, sans fournir de détails sur les modalités du dialogue avec les insurgés yéménites.
Cette annonce fait suite à une recrudescence des attaques de missiles et de drones par les rebelles contre les villes saoudiennes, suivie d’une accalmie relative ces dernières semaines.

Les Houthis qui ont fait main basse sur Sanaa en 2014 pour étendre leur contrôle sur des pans entiers du nord du pays, n’ont pas réagi dans l’immédiat à cette déclaration.

L’Arabie saoudite embourbée dans le conflit yéménite depuis mars 2015, répond-elle ainsi à l’appel à la trêve lancé le 21 septembre dernier par les Houthis ?
Pour rappel, cette offre de trêve intervient après la revendication des attaques du 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes, mise en doute par Ryad et Washington, qui les ont attribuées à l’Iran.

Téhéran a démenti toute responsabilité dans ces attaques qui ont réduit momentanément de moitié la production de pétrole saoudienne.

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