Crise libyenne: Un cessez-le-feu chimérique
Crise libyenne: Un cessez-le-feu chimérique

Après avoir reçu le maréchal libyen Khalifa Haftar à Paris, l’Elysée s’est montré pessimiste quant à un cessez-le-feu.

Selon la présidence française, Emmanuel Macron lui a demandé qu’une cessation des hostilités «intervienne le plus tôt possible».
La diplomatie française, pour qui la situation est «difficile à décrypter», a promis d’être active dans les semaines à venir.
Mais l’Elysée a reconnu que la défiance entre les acteurs libyens était «plus forte que jamais», notant «l’impasse entre le souhait de la communauté internationale pour une cessation des hostilités et la manière de voir du maréchal Haftar».
La France maintiendra pour cela «un dialogue constant» avec l’ONU, l’Italie, ancienne puissance coloniale, les autres capitales européennes, Washington et les acteurs régionaux, comme l’Égypte.
Durant les échanges, en présence du ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le maréchal a «longuement expliqué et justifié», selon l’Elysée, son offensive lancée début avril sur Tripoli pour lutter contre «les milices privées et les groupes radicaux» dont l’influence grandit dans la capitale.

Son autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) fait cependant face à la résistance des forces du Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et basé dans la capitale.
Les combats ont fait depuis le 4 avril plus de 510 morts et 2 467 blessés, selon l’Organisation mondiale de la Santé.
Le chef du GNA, Fayez al-Sarraj, a estimé le 23 mai à Tunis que le cessez-le-feu en Libye ne pouvait se faire sans le retrait des «agresseurs».
Même raisonnement tenu à Alger. E. Macron avait reçu en mai F. al-Sarraj, rappelant le soutien indéfectible de Paris à celui-ci.
Pourtant, le chef du GNA avait accusé Paris de soutenir le maréchal Haftar, des critiques jugées «inacceptables et infondées» par Paris.
L’hôte de l’Elysée a rappelé mercredi 22 mai que l’approvisionnement illégal en armes de la Libye était une violation de l’embargo décrété par l’Onu, a annoncé Reuters se référant à l’Élysée.

La Libye est plongée depuis huit ans dans le chaos où des bandes armées rivales s’affrontent pour le contrôle de nombreux points stratégiques tels que les raffineries de pétrole.
Malgré l’instauration d’un gouvernement d’union nationale, la situation est toujours très instable dans le pays.

K. Haftar a ordonné le 4 avril à l’ANL de lancer une attaque contre Tripoli afin de libérer la ville «des terroristes».
Le lendemain, l’Armée a atteint les banlieues de la capitale et pris le contrôle de l’aéroport international. Le 20 avril, les forces loyales au GNA ont annoncé avoir lancé une contre-attaque au sud de Tripoli, où les combats ont redoublé d’intensité.

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