Washington avait demandé mardi une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation humanitaire au Venezuela. 3,5 millions de personnes ont fui le pays et 1/4 des Vénézuéliens ont besoin d’une assistance dans ce que les ONG qualifient de « plus grave crise humanitaire en temps de paix ». Les États-Unis avaient dépêché pour l’occasion le vice-président Mike Pence. Mais plus que la situation humanitaire, c’est surtout de politique et du départ du président Nicolas Maduro qu’il a été question. Maduro dénonce « l’arrogance » du vice-président américain.

Le vice-président Mike Pence a donc proposé d’aller plus loin : « Le temps est venu pour les Nations unies de reconnaître le président par intérim Juan Guaido comme le président légitime du Venezuela et de placer son ambassadeur au sein de cette enceinte de l’ONU. »

Puis il se tourne vers l’ambassadeur du Venezuela aux Nations unies, un proche de N. Maduro. « Avec tout mon respect monsieur l’ambassadeur, vous n’avez rien à faire ici. Vous devriez retourner au Venezuela et dire à Nicolas Maduro que son temps est compté et qu’il est temps qu’il parte… »

Washington veut faire voter une résolution à l’ONU pour que J. Guaido, président intérimaire actuellement soutenu par une cinquantaine de pays, soit officiellement reconnu. Mais outre la légalité d’une telle manœuvre, qui aboutirait à un changement de régime, Washington pourrait surtout se heurter à une érosion des votes qui soulignerait encore plus l’enlisement de la situation.

« Aujourd’hui (mercredi) le vice-président des Etats-Unis, Mike Pence, s’est ridiculisé au Conseil de sécurité des Nations unies. Je ne comprends pas son arrogance, sa suffisance, son suprémacisme racial », a déclaré le président vénézuélien dans une allocution télévisée. Répondant au vice-Président américain M. Pence qui l’avait comparé à Adolf Hitler, N. Maduro a fustigé le soutien apporté par les États-Unis aux invasions et aux coups d’État.

«Jamais de la vie je ne vous ai ordonné d’envahir une autre ville et je ne le ferai jamais», a ajouté N. Maduro. Avant de poursuivre: «Nous ne sommes pas un peuple qui possède des bases militaires dans le monde, comme vous M. Pence, avec 800 bases militaires dans le monde. Ils envahissent, ils bombardent les peuples du monde».

La crise politique au Venezuela a éclaté quand l’opposant J. Guaido, renvoyé le 22 janvier du poste de président de l’Assemblée nationale sur décision de la Cour suprême, s’est autoproclamé le lendemain «Président en exercice du pays», prêtant serment dans la rue. Le Président réélu N. Maduro a quant à lui dénoncé une tentative de coup d’État orchestrée par l’opposition avec le soutien de Washington. La Russie, la Chine et plusieurs autres pays ont apporté leur soutien à N. Maduro.

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