Croissance économique: Le PIB ralentit à 2,9% au premier trimestre selon le HCP

Croissance économique: Le PIB ralentit à 2,9% au premier trimestre selon le HCP

Selon la dernière note de conjoncture émanant du Haut-commissariat au plan,  la croissance économique nationale se serait établie à 2,9%, au premier trimestre 2018, au lieu de +3,8% une année auparavant, pâtissant d’une baisse de 0,5% de la valeur ajoutée agricole. Hors agriculture, la valeur ajoutée aurait connu une augmentation de 3,2%, tirée par les activités minières et les services marchands.  Dans le détail, l’activité agricole serait restée relativement dynamique au premier trimestre 2018, bien qu’en repli de 0,5% par rapport à la même période de 2017. Le revirement du régime climatique vers une saison plus humide au cours de l’hiver et au début du printemps aurait été favorable à l’amélioration des rendements des cultures précoces, malgré une sensible baisse de leurs superficies ensemencées. La pluviométrie des mois de janvier et février, exceptionnellement abondante et favorablement répartie sur l’ensemble des régions agricoles, aurait dépassé celle d’une année normale de 24%, rompant, ainsi, avec une saison automnale sèche. Au mois de mars, le cumul pluviométrique mensuel aurait été plus important, culminant à son niveau maximal des 40 dernières années. C’est ainsi et bien qu’en léger retrait par rapport à 2017, la production végétale serait la troisième plus élevée depuis 2011, grâce notamment aux perspectives favorables de récolte des céréales, des maraichères de saison et des rosacés. Celles  des agrumes, des primeurs et de certaines cultures industrielles marqueraient, à l’inverse, une inflexion à la baisse, après avoir été particulièrement vigoureuses en 2017. La production animale resterait, pour sa part, soutenue, tirée par le raffermissement des activités d’élevage, dans le sillage de l’amélioration des parcours végétaux et de la baisse des prix des aliments de bétail. Pour ce qui est des activités hors agriculture, leur valeur ajoutée se serait accrue de 3,2%, au premier trimestre 2018, au lieu de +2,4% une année auparavant. Contribuant pour près de 1,6 point à la croissance globale du PIB, le secteur tertiaire aurait continué de soutenir l’activité économique, grâce notamment à la bonne orientation du commerce, du transport et des activités touristiques. La valeur ajoutée de l’hébergement et de la restauration se serait, en effet, affermie de 7,7%, en variation annuelle, favorisée par une hausse de 18,3% des recettes voyages et de 9,9% des nuitées touristiques. La valeur ajoutée du secteur secondaire se serait améliorée de 2,8% au premier trimestre 2018, portée notamment par la hausse de 9,5% de la valeur ajoutée minière, au lieu de +16,8% un trimestre auparavant. Les facteurs qui avaient soutenu le rebond de l’extraction du phosphate brut en 2017 seraient restés favorables au premier trimestre 2018, notamment la poursuite du raffermissement de la demande des industries locales de transformation, dans le sillage du renforcement des importations américaines et brésiliennes et la faiblesse de l’offre à l’exportation des industries chimiques chinoises. La production du phosphate brut se serait, toutefois, modérée, face à la surabondance qui aurait marqué le marché mondial des fertilisants, avec le relèvement de l’offre de l’Arabie Saoudite et de la Russie et l’attentisme des acheteurs en Inde et en Europe.  Les industries manufacturières auraient poursuivi leur raffermissement, pour le deuxième trimestre successif, marquant un accroissement de 2,4%, au premier trimestre 2018, au lieu de +2,3% la même période une année auparavant. Portée par la hausse de la demande extérieure adressée à la bonneterie et au cuir, la valeur ajoutée des industries du  textile et du cuir  aurait réalisé une hausse de 6,3%, en glissement annuel. Les industries chimiques auraient, pour leur part, affiché un accroissement de 4,3%, en ligne avec le raffermissement de l’activité phosphatière. Celles de l’agroalimentaire auraient poursuivi leur évolution modérée, marquant une hausse de 1,4%, au lieu de 0,7%, une année plus tôt. La valeur ajoutée des IMME se serait, quant à elle, affermie de 1,5%, en dépit d’une contraction des industries métalliques. Les autres industries, subissant une légère baisse des activités de matériaux de construction, n’auraient progressé que de 1,5%, au cours de la même période. La valeur ajoutée de la construction aurait affiché un accroissement de 1%, au premier trimestre 2018, après 1,3% un trimestre plus tôt. Le ralentissement du bâtiment se serait poursuivi, avec une baisse de l’utilisation des facteurs de production, notamment le ciment, dont les ventes auraient fléchi d’environ 2,3%, après avoir augmenté de 2,1% au quatrième trimestre 2017. Cette décélération incomberait au repli des ventes de logement, notamment dans le moyen et le haut standing. Par ailleurs, les anticipations des chefs d’entreprise de la construction, exprimées dans le cadre de la dernière enquête de conjoncture du HCP, auraient relevé une légère amélioration des travaux de construction spécialisés, parallèlement à une baisse d’activité dans le Génie civil. Les carnets de commandes des entrepreneurs du bâtiment auraient conservé leur évolution descendante, dans le sillage de l’augmentation des capacités de production non-utilisées.

Sur le volet de la demande intérieure, la consommation finale des ménages aurait évolué dans un contexte de légère accélération des prix à la consommation. En volume, elle se serait accrue de 3,6%, en variation annuelle, contribuant pour environ +2,1 points à la croissance globale du PIB, au lieu de +2,4 points un an plus tôt. Les dépenses de consommation auraient continué de profiter aux produits importés ; les importations de biens finis de consommation auraient progressé d’environ 5,1%, en glissement annuel. Elles auraient été tirées, entre autres, par un accroissement de 14,3% des recettes des MRE et une progression de 4,5% des crédits à la consommation. Pour sa part, la consommation des administrations publiques se serait affermie de 6,3%, sous l’effet d’une hausse des dépenses de fonctionnement (+8,7%, à fin février 2018).

De son côté, la formation brute de capital fixe (FBCF), en volume, aurait augmenté de 2,9%, au premier trimestre 2018, au lieu de +5,3% une année auparavant, contribuant pour près de +0,9 point à la croissance du PIB. Cette évolution aurait été, particulièrement, tirée par une hausse de l‘investissement en produits industriels, dans le sillage d’un accroissement de 11% des crédits à l’équipement et d’une progression de 13,9% des importations de biens d’équipement.

Pour sa part, l’investissement public en infrastructures de base se serait renforcé par rapport à l’année précédente, tandis que l’investissement en bâtiment aurait poursuivi son ralentissement entamé depuis la mi-2012, pâtissant de la faiblesse de la demande adressée à l’habitat de moyen et haut standing.  Au final, et compte tenu des estimations sectorielles et des indicateurs collectés par le HCP jusqu’à fin février 2018, la croissance économique nationale se serait établie à 2,9%, au premier trimestre 2018, au lieu de +3,8%, l’année précédente.

 

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