La croissance dans les pays importateurs de pétrole de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP) devrait rester relativement modeste, limitée par des rigidités structurelles persistantes. C’est ce qui ressort de la dernière révision des perspectives de croissance de la région, dont appartient le Royaume, faite par le Fond Monétaire international.

Pour le FMI, la croissance du PIB réel dans les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP devrait rester modérée en 2019, en raison de la dégradation de l’environnement extérieur, mais aussi de facteurs intérieurs. Elle devrait accélérer légèrement sur le moyen terme, mais reste limitée par des rigidités structurelles persistantes dans de nombreux pays. Elle est aussi est trop faible pour réduire efficacement le chômage, car les pressions démographiques augmentent.

Le chômage reste particulièrement élevé chez les jeunes (24,4 % en 2018) et les femmes (18,9 % en 2018) dans la région.  Aussi, les tensions sociales se sont accentuées dans de nombreux pays de la région et les efforts de rééquilibrage budgétaire, ainsi que l’avancement poussif des réformes structurelles, ont pesé sur les conditions socioéconomiques.

Dans le même temps, la dette publique a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie, ce qui restreint les options pour traiter ces problèmes. Les risques à court terme liés au niveau d’endettement élevé sont accentués par des perspectives de croissance moins favorables et des conditions financières mondiales plus volatiles, en particulier parce qu’un important volume de dette libellée en devises étrangères arrivera à échéance au cours des prochaines années.

De plus en plus, les dirigeants doivent trouver le juste milieu entre la reconstitution des amortisseurs pour renforcer la résilience face aux risques à court terme, alors que la dynamique de la dette devient moins favorable, et la résolution des problématiques liées à la croissance.

Nonobstant des disparités considérables dans la région, la croissance du PIB réel dans les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP devrait ralentir de 4,2 % en 2018 à 3,6 % en 2019, avant de rebondir à 4,3 % au cours de la période 2020–23. Les perspectives de la croissance régionale restent également entravées par la faiblesse de l’investissement privé et des retards dans les réformes destinées à abattre les obstacles structurels persistants au développement du secteur privé.

Les projections de croissance ont été régulièrement révisées à la baisse dans plusieurs pays (Jordanie, Liban, Maroc (3% contre 3,2% annoncée auparavant), Pakistan, Soudan) en raison de la fragilisation de l’environnement extérieur. La croissance régionale pour 2019 avait été évaluée à 4,0 % dans les Perspectives économiques régionales d’octobre 2018, contre 3,6 % dans les projections actuelles.

Les aléas restent de nature baissière, les tensions commerciales mondiales obscurcissant les perspectives de croissance chez des partenaires commerciaux stratégiques et augmentant la probabilité d’une montée de l’aversion pour le risque à l’égard des marchés émergents chez les investisseurs. En particulier, l’importante proportion des exportations vers la Chine, l’Union européenne et les États-Unis chez les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP expose ces pays à des aléas baissiers relatifs à l’affaiblissement de la croissance (Jordanie, Maroc, Mauritanie, Pakistan, Tunisie, par exemple). La forte dépendance aux revenus du tourisme expose certains pays (Égypte, Jordanie) conclut le fond.

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