CSMD à l’écoute des syndicats: La valse des « doléances » continue…
CSMD à l’écoute des syndicats: La valse des « doléances » continue…

La Commission Spéciale sur le Modèle de Développement (CSMD) a continué, samedi à Rabat, ses séances d’écoute des partis politiques et des syndicats par une réunion avec les représentants de l’Union Générale des Travailleurs du Maroc (UGTM) et la Confédération démocratique du travail (CDT), qui ont exposé leurs visions du nouveau modèle de développement.
Les deux centrales syndicales ont ainsi emboité le pas à l’Union marocaine du Travail (UMT) dont les représentants avaient été reçus vendredi.

Pour le secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT), le nouveau modèle de développement devrait prendre en considération le respect des lois sociales, la garantie des conditions de travail décentes et la réalisation de la justice fiscale, a souligné, vendredi à Rabat

«Le mouvement syndical estime que la conception du nouveau modèle de développement réside essentiellement dans la primauté et le respect des lois sociales, à leur tête le code du travail», a indiqué Miloudi.

Moukharik à la presse à l’issue de la réunion avec la CSMD.
Le chef de la centrale syndicale a mis l’accent sur la nécessité de garantir «des conditions de travail et des salaires décents, ainsi que de couvertures sociale et médicale convenables», soulignant l’importance de résoudre la problématique de la justice fiscale, vu «la grande injustice» subie par la classe ouvrière, alourdie par le fardeau des impôts, notamment l’impôt sur le revenu.

La délégation de l’UMT s’est focalisée également, lors de cette réunion, sur le problème de la vulnérabilité dans le travail, qui «s’est répandu et qui menace la cohésion sociale», étant donné que plusieurs secteurs professionnels embauchent avec des contrats à durée déterminée, outre la présence de plusieurs agences et sociétés de médiation, a-t-il enchaîné.

L’UMT, a ajouté son secrétaire général, a évoqué la problématique des couvertures sociale et médicale, déplorant le fait que «tous les Marocains n’en jouissent pas, malgré des lois sociales à la hauteur».

L’UMT présentera à la CSMD un document comprenant ses différentes propositions afin que ce modèle de développement soit à la hauteur des aspirations du peuple marocain, à leur tête la classe ouvrière, a-t-il poursuivi.

Outre M. Moukharik, l’UMT a été représentée, lors de cette réunion, par Amal Omari, Miloud Maasid, Ahmed Bahnis, Mohamed Haytoum, Noureddine Soulaik et Bachir Al Houssaïni.

De son côté, L’Union Générale des Travailleurs du Maroc (UGTM), représentée par son secrétaire général, Mayara Enâam, a estimé que le nouveau Modèle de développement, actuellement en phase de conception, doit immanquablement garantir les droits syndicaux et la protection sociale de la classe ouvrière, étant donné qu’un tel chantier ne peut être conçu sans tenir compte des conditions d’un travail décent pour les travailleurs marocains et de la préservation de leur dignité.

L’UGTM a souligné l’impératif de faire du mouvement syndical un partenaire à part entière dans le processus développement économique et social, à un moment où s’impose le renforcement des rôles des médiateurs sociaux pour l’élaboration et la mise en œuvre du modèle de développement.

Pour cette centrale syndicale représentée par les membres de son bureau exécutif Khadija Zoumi, Abdesslam Lebbar, Mustapha Mekroum, Mohamed Laabid et Hind Moutou, ainsi que le secrétaire général de la jeunesse ouvrière de l’Union, Hicham Harib, et la présidente de l’organisation de la femme ouvrière Fatiha Sghir, la CSMD ne saurait remplir le rôle assigné aux partis politiques qui est celui d’esquisser les stratégies de développement d’autant plus que sa mission va au-delà de l’action partisane pour embrasser l’avenir du Maroc durant les cinquante prochaines années.

L’UGTM n’a pas maqué de se féliciter de l’esprit d’ouverture qui anime la CSMD dès lors qu’elle a veillé à la tenue de concertations sur le modèle escompté, notant que la dynamique de développement économique et social exige l’implication de tous les acteurs et des forces vives de la société.

De son côté, la Confédération démocratique du travail (CDT), représentée par son secrétaire général, Abdelkader Zayer, a appelé à revoir le mode de gouvernance en matière de travail, en accordant une place de choix aux syndicats à travers une présence au sein des conseils d’administration et de surveillance, afin qu’ils participent à la prise des décisions stratégiques qui concernent les travailleurs marocains.

La CDT dont la délégation comprenait aussi son secrétaire général-adjoint, Khalid Alami Houir, et les membres du bureau exécutif, Abdelkader Omari, Younes Firachine et Abdelmajid Radi ainsi que deux membres du conseil national du syndicat, Othmane Baka et Khalil Bensami, a insisté sur l’institutionnalisation du dialogue social à travers une loi cadre ou une loi organique relatives au dialogue et à la négociation, au lieu de focaliser sur la loi relative à la grève.

Elle a mis en avant l’importance de cette réunion, laquelle concrétise la revendication du syndicat qui a toujours appelé à l’ouverture d’un dialogue national, soulignant la nécessité de poursuivre la concertation autour du modèle de développement et d’en assurer le suivi, afin de réussir là où les autres plans ont échoué.

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