D. Trump et le Sahara marocain : La fièvre algérienne des tankers…

D. Trump et le Sahara marocain : La fièvre algérienne des tankers…
L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche suscite interrogations et inquiétudes au sein de l’establishment algérien. Ce ne sont pas ses dérives scandaleuses ayant émaillé sa campane électorale qui suscitent un quelconque intérêt, mais plutôt le sondage en profondeur de ce que sera la politique marocaine du nouveau locataire de la Maison Blanche qui obnubile le landernau politico-médiatique algérien. On se frotte déjà les mains après l’échec cuisant d’Hillary Clinton, candidate malheureuse des démocrates, dans laquelle on ne voit que sa proximité avec Rabat. Et on se met à jouer la symphonie des hydrocarbures qui rapprocherait, inévitablement, le candidat républicain d’Alger, puissance pétrolière régionale. Il y en a même qui se prennent à rêver à une invitation en bonne et due forme du chef de l’Etat algérien à la Maison Blanche. Invitation déclinée depuis plusieurs lustres pour, entre autres considérations, un cumul des mandats présidentiels dont s’accommode mal la démocratie US. Pour rappel, c’est sous l’administration républicaine Reagan que Chadli Bendjdid a été invité à effectuer une visite officielle. C’était en 1985 ! La seule dans l’histoire des relations algéro-américaines. Des enfants du sérail n’hésitent pas à louer les relations « excellentes » que l’Algérie avait réussi à nouer avec l’administration Bush. Relations qui avaient « littéralement explosé dans le domaine de l’énergie et de la lutte antiterroriste ». De là à voir en D. Trump l’héritier du legs Bush il n’y a qu’un pas que les acteurs de la diplomatie du Tanker franchissent allègrement. Dès lors, les milieux algériens qui voudraient voir l’Amérique prendre ses distances avec le Royaume en le lâchant dans le dossier du Sahara n’hésitent pas à souligner que le rapport du département d’État sur les droits humains est très négatif sur le Maroc. Plus, évaluent-ils, les Américains veulent encore activer la dimension liée aux droits de l’Homme de la Minurso. C’est le dossier saharien qui fait la centralité de la démarche algérienne auprès de Washington. Alors que les centres de décision, que ce soit au Palais Al Mouradia ou encore dans les casernes du pouvoir militaro-sécuritaire, n’ignorent pas que le dossier du Sahara, malgré son importance régionale, n’est pas du tout considéré comme une question stratégique pour les Etats-Unis d’Amérique. Et ce n’est certainement pas D. Trump, avec l’isolationnisme qu’il revendique, qui cherchera à souffler sur les braises d’un « conflit de basse intensité », comme le qualifient les stratèges basés à Washington. A moins que l’Algérie ne cherche à monter en épingle le micro-nationalisme en persistant à masser ses troupes à la frontière avec le Maroc et en poussant ses hommes lige du Polisario vers un aventurisme dont les conséquences seraient désastreuses pour la paix régionale. Alger a-t-elle suffisamment de force pour vouloir, de la sorte, éprouver la nouvelle administration US ? Nombre d’observateurs en doutent. D’autant que la situation économico-sociale en Algérie est loin d’être si confortable au point de permettre aux va-t-en guerre algériens un quelconque dérapage. Quoi qu’il en soit, à la lecture du message de félicitations adressé par A. Bouteflika au nouveau locataire de la Maison Blanche, c’est plutôt le rôle de l’Empire dans toute sa puissance qui est mis en relief. Comme quoi, il y a beaucoup de la coupe aux lèvres lorsqu’il s’agit de vouloir peser lourd dans la balance américaine pour forcer les décideurs à changer de cap. La démarche US pour la région du Maghreb reste liée à l’édification de l’ensemble régional. Bref, l’accent reste mis sur l’émergence d’un marché conséquent que les Algériens persistent à bloquer. De peur de voir leur quête à un leadership régional s’effilocher.

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