Daech profite du chaos irakien pour tuer Bagdad en proie à une crise politique sans précédent
Daech profite du chaos irakien pour tuer Bagdad en proie à une crise politique sans précédent

Le mouvement de protestations réclamant « le départ de tous les corrompus » se poursuit en Irak, malgré la démission du gouvernement d’Adel Abdel Mahdi et la tentative de Daech de mettre à profit le chaos qui sévit dans plusieurs régions chiites pour reprendre du poil de la bête.

Un début de semaine qui s’annonce difficile en Irak. En effet, une attaque ciblée de Daech a fait des morts t des blessés parmi les éléments d’« Al-Hachd Achaabi » qui tentaient de contenir cette offensive.
En parallèle, les tractation entre politiciens ont démarré, dans un climat tendu, pour la formation d’un nouveau gouvernement.

Avec le Parlement le plus hétéroclite de l’histoire récente de l’Irak, la formation d’un cabinet sera, comme il y a 13 mois à la prise de fonctions d’Adel Abdel Mahdi, un délicat exercice d’équilibriste.
Le Parlement qui a accepté la démission du gouvernement d’Adel Abdel Mahdi et va demander au président de nommer un nouveau Premier ministre.

Les exigences de la rue, à la détermination intacte, n’ont cessé de grandir au fil des semaines depuis octobre dernier.
Les protestataires, qui occupent toujours les places de Bagdad et du sud, réclament aujourd’hui rien de moins qu’une refonte complète du système politique.

Le mouvement contestataire de grande ampleur a subi les foudres des sécuritaires donnant lieu à des scènes de grande violence, durant lesquelles 420 personnes auraient trouvé la mort et des milliers d’autres ont été blessées, selon l’AFP.

L’Assemblée irakienne a donc annoncé qu’elle allait demander au président de la République, Barham Saleh, de nommer un nouveau Premier ministre.
En attendant, Abdel Mahdi (77 ans), un indépendant sans base partisane ni populaire arrivé au pouvoir il y a 13 mois, reste à son poste pour gérer les affaires courantes.
Parallèlement, comme le rapporte l’AFP, pour la première fois en deux mois, un officier de police a été condamné à mort pour avoir tué deux manifestants à Kout, au sud de Bagdad. Les autorités reconnaissent ainsi par endroits un «usage excessif de la force», alors que depuis le début du mouvement contestataire, le ministère irakien de la Défense a par ailleurs fait état de «tireurs infiltrés dans la foule» dont l’objectif serait d’encourager la sédition.
Pour rappel, le grand ayatollah Ali Sistani, figure tutélaire en Irak, a précipité la chute d’Adel Abdel Mahdi. Ce qui fait craindre un déchirement inter-chiite dont pâtirait la stabilité du pays.
Le jeu trouble auquel s’adonne aussi bien le turbulent leader chiite Moqtada Sadr que l’ancien Premier ministre Haider al-Abadi, tous deux réfractaires à «jouer le jeu politique» pour décrisper l’atmosphère, laisse augurer que le soulèvement trouve des explications outre qu’internes. Les monarchies du Golfe, voire Israël, sont mis à l’index.

Dans la rue, les manifestants sont toujours là, à Bagdad, Diwaniya, al-Hilla, Kout ou Najaf, ville sainte chiite en proie aux violences depuis l’incendie du consulat iranien, mercredi dernier, édifice qui n’a pas échappé à une nouvelle attaque.
Le consulat iranien à Nadjaf a été incendié pour la deuxième fois en une semaine lors d’une manifestation, relate l’agence irakienne Shafaq.
Plus de 100 personnes avaient été blessées lors d’affrontements entre les forces de l’ordre et les protestataires près du consulat.

Téhéran a exprimé son indignation suite à ces événements et le chef de la diplomatie irakienne Mohammed al-Hakim a présenté des excuses à son homologue iranien Mohammad Javad Zarif.

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