«Dans la tête de J. Assange»: Ode au journalisme d’investigation

Qui ne connaît pas Julian Assange et ses révélations devenues «l’affaire WikiLeaks».
Ces centaines de milliers de documents qui «dénoncent la corruption des élites, la surveillance de masse, la fraude fiscale, l’absence de transparence des institutions gouvernementales ou les horreurs des guerres menées par les États-Unis» entre autres renseignements jugés sulfureux par la Maison Blanche et d’autres protagonistes responsables de cette vaste entreprise de surveillance et de manipulation généralisées.

Ces publications qui l’ont rendu célèbre dans le monde entier lui valent aujourd’hui le statut d’ennemi public n°1 des gouvernements post-11 Septembre, de plus en plus tentés par la culture du secret et la surveillance des citoyens. Patriot-Act en est l’un des outils.
Cet Australien hors norme, féru d’informatique et passionné de Shakespeare est animé par un seul et unique objectif: Une transparence totale que résume bien la devise des Cypherpunks: «Vie privée pour les citoyens, transparence pour les puissants».
Ses moyens? Un site chiffré et sécurisé, Wikileaks.org — qui permet aux lanceurs d’alerte de déposer des documents confidentiels — appuyé par une stratégie médiatique offensive. Inédite son action, à travers Wikileaks, organisation qu’il a fondée en 2006 est un tournant majeur dans le journalisme d’investigation qui s’appuie sur Internet pour dénoncer, où ils se trouvent, les exactions commises ici et là par les gouvernants cyniques et sans scrupules qui sont aux manettes du monde.

Mais jusqu’où aller pour révéler les secrets que les puissants protègent ?
Quelles sont les lois auxquelles peut, ou doit, s’opposer le lanceur d’alerte pour faire éclater la vérité ?
Julian Assange a souvent théorisé sa vision de cette ingérence numérique totale.
Dans cette quête W. Assange a un regard édifiant sur la presse et les journalistes.
Tout en s’appuyant sur elle pour la diffusion de ces révélations, il estime, tout en «aimant» le métier de journalistes, ces derniers ne sont que des «sténographes des puissants» !

Après 7 années passées entre les murs de l’ambassade d’Équateur à Londres, Julian Assange est à présent détenu à la prison de haute sécurité de Belmarsh.
Il est sous la menace d’une extradition vers les États-Unis où il encourt une peine allant jusqu’à 175 ans d’emprisonnement pour espionnage.

Plusieurs collectifs et ONG à travers le monde le soutiennent dans son calvaire et plaident pour une libération inconditionnelle de ce lanceur d’alerte hors du commun.
Amnesty International de son côté plaide pour que les autorités britanniques n’accèdent pas à la demande américaine car Julian Assange « court un risque réel et grave d’atteintes à ses droits s’il y est envoyé« . Il sera fixé sur son sort d’ici fin février.

… «s’immerger dans la tête de Julian Assange, c’est plonger dans la jeune histoire turbulente du Web».

Selon ses auteurs, Guillaume Ledit et Olivier Tesquet, l’essai qu’ils nous propose «aurait pu être un chapitre inédit de Millénium. Une histoire d’hacktivistes qui réussissent le casse du siècle».
Dans cette série que propose Actes-Sud Edition: Dans la tête de Bachar El Assad, d’Edogan…  » les deux journalistes cherchent à disséquer ce personnage romanesque, en analysant ses actes, écrits et déclarations, sans rien cacher de ses zones d’ombres ou de ses propres contradictions.
Pour eux «s’immerger dans la tête de Julian Assange, c’est plonger dans la jeune histoire turbulente du web»….tout un programme.
Aussi controversé qu’il puisse être, le fondateur de Wikileaks reste pour les auteurs «…l’incarnation d’un combat politique majeur de ce début du XXIe siècle : celui pour la préservation de nos libertés numériques et la transparence de l’information.»
Ce travail fort documenté servi par un verbe juste, ne laisse point de place à l’équivoque. Tout en épousant le combat d’Assange, ils restent lucides et ne sont pas tendres avec ses positions.

Guillaume Ledit

Guillaume Ledit a cofondé le site Owni.fr, média partenaire de WikiLeaks, et en a assuré la rédaction en chef entre 2009 et 2012.
Passé par Radio France, L’Express puis Usbek & Rica, il a au cours de sa carrière journalistique développé une connaissance profonde du Web, tant sur le fond que sur la forme. Il dirige aujourd’hui l’entreprise de conseil enstratégies éditoriales Strochnis.

 

 

Olivier Tesquet est journaliste à Télérama depuis 2011, spécialiste des questions Olivier Tesquetnumériques, et notamment de surveillance.
Passé par Owni.fr, il a été également producteur sur France Inter de l’émission “Tout est numérique”.
Il est l’auteur de Comprendre WikiLeaks (Max Milo, 2011) et de À la trace, (Premier Parallèle, à paraître en 2020).

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