Danse des loups chez El Othmani: Un tango à… quatre ?

Les langues se délient et les pronostics vont bon train quant à l’ossature du prochain exécutif coalisé que Saad Eddine El Othmani est appelé à présenter au Roi.

« Incessamment sous peu », comme le résume la formule au regard de l’agenda politique qui se décline pour le reste de l’année avec le discours royal du vendredi 11 octobre qui inaugure la rentrée parlementaire.

Les uns supputent déjà sur le caractère « halal » dudit gouvernement ramassé autour du patron de la formation islamiste majoritaire. En bénissant une union à quatre qui regrouperait PJD, RNI, MP et USFP. Jusque-là, le Chraa est sauf !

La majorité parlementaire se contentera donc des « you-you » traditionnels pour « canoniser » une fois de plus les sacrés liens d’une politique « consensuelle » des plus dissonantes.
Une fois de plus, les repères idéologiques s’émoussent de plus belle au risque de décevoir la clientèle que les formations dites progressistes peinent de plus en plus à mobiliser pour investir les isoloirs.
De cette réalité-là, gageons que le PPS qui a choisi de fuir le lit du « mariage temporaire » avec les frères islamistes pour se refaire une santé sera le premier à y gouter pour la regretter amèrement. Car ceux qui tablent sur « l’amnésie » des foules ont tout faux quand bien même ils seraient tentés d’user de tous les subterfuges pour convaincre les plus déçus d’un jeu de girouettes à somme nulle.

Au-delà de cette « confusion » politico-idéologique qui génère, en soi, son incapacité à garantir le moindre levain pour demain, nombre d’experts qui s’érigent en parfaits prestidigitateurs capables de déplacer là où il faut les pièces de l’échiquier, serinent à qui veut les entendre que le chef de la majorité aura à se coltiner les « experts » dont l’indépendance politique est proverbiale.
Ce qui confère au « vide politique » actuel, et peut-être celui à craindre demain, toute sa splendeur…
L’affaire risque de ne pas être appréciée par le commanditaire du changement qui, solennellement, a appelé à n’user que des compétences politiquement encartées.
Osera-t-on recourir au faux et à l’usage de faux en « peinturlurant » les heureux candidats sur lesquels le consensus aura été dégagé pour mieux les faire accepter?

De ce pain-là, les Marocains ont déjà eu non pas un avant-goût, mais plein de fournées… Les unes aussi lisses que les autres. Ce qui remet en équation le jeu démocratique dans son ensemble, les électeurs n’étant plus appelés à juger les formations politiques et leurs programmes.
Cocasse est le dossier qui reste des plus brûlants entre les mains d’un El Othmani dont la décontraction ne se dément plus. Car il reste, lui, intimement convaincu de l’importance de la clientèle sur laquelle repose la force électorale envahissante du PJD. Et même s’il score au rabais, ses forces coalisées d’aujourd’hui ne peuvent prédire de leur écrasante victoire demain.
Mais le plus dur est certainement la grande histoire du développement qui handicape le pays. En cette fin de législature, nul ne sait à quel saint se vouer pour imaginer un autre modèle qui supplanterait les défaillances de l’actuel. Le défi est bien là.
À moins que les quelques mois qui restent à couvrir jusqu’aux prochaines législatives ne soient consommées en débats sur un autre Maroc plus inclusif… Ou pour rester dans l’air du temps, plus sexy aux yeux des générations sacrifiées…

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