Décès de M. Morsi: Pourquoi le PJD ne pleure pas son frère
Décès de M. Morsi: Pourquoi le PJD ne pleure pas son frère

Devant la mort de l’ancien président égyptien Mohamed Morsi, propulsé par les Frères musulmans à la tête de l’Etat après le « hirak » égyptien, le PJD n’a réagi que timidement à ce que les aficionados de la Confrérie assimilent à un « assassinat ».

M. Morsi, décédé lundi 17 juin après sa comparution devant le tribunal du Caire, a été inhumé pratiquement dans le secret.
Comme ce fut le cas pour Said Qotb, exécuté du temps de Gamal Abdel Nasser.

Plusieurs partis politiques et organisations islamistes dans l’ensemble du monde arabe ont présenté leurs condoléances.
Alors que du côté du PJD, la seule déclaration des instances dirigeantes émane du vice-secrétaire général alors que c’est le chef du parti qui s’en occupe généralement.

Saad Eddine El Othmani, proche de la Confrérie, n’a pas jugé utile de s’exprimer de peur de se faire rabrouer en haut lieu.

Sur le site Pjd.ma, le vice-secrétaire général Slimane El Omrani, a exprimé «sa profonde tristesse suite à ce décès implorant le tout puissant de lui accorder sa miséricorde et de la patience pour sa famille et ses proches».
L’article souligne aussi que «plusieurs membres et dirigeants du parti ont exprimé leur condoléances sur les réseaux sociaux».

Pourtant, El Othmani avait « pleuré » le décès de l’ancien dirigeant islamiste algérien Abbassi Madani en le qualifiant, dans un long communiqué de presse, de « défenseur de la cause nationale » algérienne.
Mais il faut dire que la question reste des plus délicates au regard des relations que Rabat entretient avec le Caire.
Voilà pourquoi le PJD se contentera du communiqué plus vindicatif de son bras idéologique, le MUR en l’occurrence, qui lui parle d’assassinat de M. Morsi par le régime putschiste tout en érigeant le représentant des Frères Musulmans au rang de « martyr ».

Les autorités égyptiennes avaient refusé à sa famille, lundi soir, la possibilité de l’enterrer dans son village.
Ses proches dénoncent les conditions dans lesquelles M. Morsi était détenu, affirmant qu’il était malade depuis plusieurs mois sans aucun accès à des soins médicaux.

Mais ils ne sont pas les seuls, à l’instar des Frères musulmans.
Mohamad al Qoudoussi, un membre de la confrérie en exil, accuse les militaires d’être responsables de la mort de Mohamed Morsi sur YouTube : « Les conditions de détentions aujourd’hui en Égypte équivalent au meurtre. »

À l’étranger aussi, des critiques s’élèvent. La nuit dernière, une commission du Parlement britannique a dénoncé des conditions de détention jugées « inhumaines », et notamment le fait qu’il passait vingt-trois heures par jour à l’isolement dans sa cellule.

Les organisations humanitaires Human Rights Watch et Amnesty International ont, elles, demandé aux autorités égyptiennes de faire toute la lumière sur une mort qu’elles jugent suspecte.

De son côté, le gouvernement a renforcé l’état d’urgence en vigueur depuis plusieurs années dans le pays, pour parer à toute éventualité.
Des milliers de membres des forces de sécurité ont été déployés dans les principales villes, et dans la province du delta du Nil d’où l’ancien président était originaire.
Pour les autorités, il n’est pas question que des Égyptiens puissent se réunir en souvenir du président défunt, sauf à risquer la prison.

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