Démonstration de force face aux étudiants algériens: Un mardi des rafles…

Démonstration de force face aux étudiants algériens: Un mardi des rafles…
Démonstration de force face aux étudiants algériens: Un mardi des rafles…

Aujourd’hui mardi, le rouleau compresseur de la machine répressive algérienne s’est déployé au grand dam des étudiants.
À la Place des martyrs, les policiers déployés en très grand nombre, ont procédé au contrôle d’identité des manifestants toujours mobilisés en ce 34ème mardi contre le système et ses stratagèmes politico-institutionnels.

Les premières rafles ont eu lieu au début de la marche vers Bab Azzoun.
De nombreux fourgons cellulaires étaient pré-déployés pour accueillir les victimes de ce tour de vis répressif qui en dit long sur les véritables desseins du système et de ses outils. Même les citoyens qui marchaient pacifiquement n’ont pas été épargnés.
Il faut dire que les manifestants ont particulièrement ciblé le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, par leurs slogans. Objectif, empêcher la tenue de l’élection présidentielle, rejetée par le hirak populaire.

Le blocage dans lequel sombre l’Algérie n’a pas de limites. Ce que même l’ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche, pourtant réformateur dans l’âme, a su en mesurer l’ampleur. En déclinant tout rôle.
«Je dois vous dire que même si je suis élu Président, je ne pourrai rien faire dans les conditions actuelles», a-t-il entonné samedi dernier à la foule venue lui demander de se porter candidat à la présidentielle du 12 décembre prochain.
Autant dire que ce vieux briscard de la politique s’interdit de s’inscrire dans la démarche du pouvoir en place, qui cherche à faire de ce prochain rendez-vous électoral la seule solution à la crise qui dure depuis le 22 février dernier, quand bien même le « trois-quarts » de Président, Bouteflika, aurait été « dégagé ».

M. Hamrouche rejoint ainsi une longue liste de figures politiques de premier plan qui refusent de « cautionner » le système et ses roueries.
Ahmed Taleb Ibrahimi, Ahmed Benbitour et Abdelaziz Rahabi, pour ne citer que ceux-là, ont décidé de boycotter le processus électoral. Rejoignant en cela une bonne partie de la classe politique de l’opposition.
Parmi les partis qui s’inscrivent en faux vis-à-vis de la tenue de cette élection dans les conditions actuelles, figurent ceux qui plaident pour un processus constituant, comme c’est le cas des partis du Pacte pour l’alternative démocratique (FFS, RCD, MDS, PLD, UCP, PST, PT, RAJ et LADDH).
Comme il y a aussi ceux qui, tout en étant en faveur de la tenue d’une élection présidentielle, la conditionnent, comme les partis islamistes du MSP et du FJD…
Pour ces derniers les «préalables» précédant tout processus électoral, restent liés à l’ouverture des champs politique et médiatique et la libération des détenus d’opinion.

En face, les partisans de l’option de l’élection présidentielle comptent sur Ali Benflis de Talaie El Hourriyet, ou l’ancien Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, dit candidat du « système ».
Cristallisant la colère des uns et les espoirs des autres, l’ouverture institutionnelle pour laquelle le système s’active, à savoir la présidentielle, clive la société algérienne dont la majorité aspire, faut-il le rappeler, à l’éclosion d’une 2è République sur les décombres d’un système voué aux gémonies.

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