Des « gilets jaunes » devant la justice: Paris fustigé pour ses dérives répressives

Des « gilets jaunes » devant la justice Paris fustigé pour ses dérives répressives
Des « gilets jaunes » devant la justice Paris fustigé pour ses dérives répressives


Après la condamnation mercredi de Christophe Dettinger, auteur de violences contre les forces de l’ordre à Paris le 5 janvier dernier lors du 8e week-end de mobilisation des « gilets jaunes », c’est Eric Drouet, figure médiatique du mouvement, qui a rendez-vous avec la justice ce vendredi 15 février 2019.

Il est poursuivi pour « organisation d’une manifestation sans déclaration » et encourt une peine pouvant aller jusqu’à six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende.


Le 2 janvier dernier, le très engagé E. Drouet, « gilet jaune » de la première heure, avait été interpellé place de la Concorde. En compagnie d’une cinquantaine de personnes, il était venu déposer des bougies en soutien aux blessés du mouvement social. Dès la fin de sa garde à vue, le chauffeur-livreur de Seine-et-Marne avait dénoncé une arrestation totalement injustifiée et arbitraire.


Déjà interpellé le 22 décembre dernier à Paris pour l’organisation d’une manifestation sans déclaration, port d’arme prohibé, en l’occurrence une matraque, et participation à un groupement formé en vue de violences, E. Drouet, l’un des initiateurs de la première mobilisation nationale des « gilets jaunes » le 17 novembre, sera jugé pour ces faits en juin prochain. C’est lui qui avait créé l’événement Facebook Blocage national contre la hausse des carburants. Il est devenu l’un des visages les plus connus de ce mouvement de contestation qui dure depuis trois mois et représente la plus grave crise du mandat de Macron. Ce père de famille de 33 ans se défend d’être un leader des « gilets jaunes », mais ses prises de parole pèsent dans la contestation.


Son interpellation le 2 janvier a provoqué l’indignation de responsables politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche en passant par le centre.
Paris sous le feu des critiques
En plein mouvement des « gilets jaunes » en France et de critiques récurrentes contre l’usage des lanceurs de balles de défense (LBD) par les forces de l’ordre, le Parlement européen a largement condamné, jeudi 14 février, « le recours à des interventions violentes et disproportionnées par les autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques ». La résolution qui n’a pas de caractère contraignant, a été votée par 438 députés européens, 78 autres se prononçant contre et 87 s’étant abstenus.
Le texte, qui invite les Etats membres à « veiller à ce que le recours à la force par les services répressifs soit toujours légal, proportionné et nécessaire et qu’il ait lieu en ultime recours et à ce qu’il préserve la vie et l’intégrité physique des personnes », rappelle que « le recours aveugle à la force contre la foule est contraire au principe de proportionnalité ».
La résolution ne cible pas un Etat membre en particulier, mais a donné lieu en préambule dans l’hémicycle strasbourgeois à un débat animé auquel ont pris part plusieurs eurodéputés français.


Dans la foulée de la condamnation par les députés européens, jeudi 14 février, de l’usage disproportionné de la force par la police pendant les manifestations, les restrictions «disproportionnées» des droits des manifestants lors des mobilisations des Gilets jaunes ont été dénoncées par des experts de l’Onu.


Le droit de manifester en France a été restreint de manière disproportionnée lors des mobilisations des Gilets Jaunes et Paris devrait revenir sur ses politiques de maintien de l’ordre pour garantir l’exercice des libertés, a indiqué un groupe d’experts des droits de l’homme de l’ONU, dans un communiqué de presse diffusé jeudi 14 février.
Le communiqué déplore des cas graves d’usage excessif de la force depuis le début du mouvement de contestation en novembre 2018. Selon ses auteurs, «les restrictions imposées aux droits ont également entraîné un nombre élevé d’interpellations et de gardes à vue, des fouilles et confiscations de matériel de manifestants, ainsi que des blessures graves causées par un usage disproportionné d’armes dites « non-létales » telles que les grenades et les lanceurs de balles de défense ou flashballs».


Les experts affirment que garantir l’ordre public et la sécurité dans le cadre de mesures de gestion de foule ou d’encadrement des manifestations implique la nécessité de respecter et de protéger les manifestants qui se rendent pacifiquement à une manifestation pour s’exprimer. «Il est très inquiétant de constater qu’après des semaines de manifestations, les restrictions et tactiques de gestion des rassemblements et du recours à la force ne se soient pas améliorées», ont-ils ajouté. Dès lors, la France devrait «repenser ses politiques en matière de maintien de l’ordre».

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