Une nouvelle explosion a retenti ce lundi dans la capitale sri lankaise de Colombo lors de son désamorçage près du sanctuaire Saint-Antoine déjà frappé dimanche par une explosion, selon la police. Les pires attentats essuyés par ce pays contre des églises et des hôtels de luxe ont fait 290 morts et plus de 500 blessés dimanche. Un bilan encore provisoire.

Le gouvernement a décrété un nouveau couvre-feu dans la nuit de lundi à mardi. La police sri-lankaise a arrêté plusieurs suspects. D’après le gouvernement, un mouvement islamiste local, le National Thowheeth Jama’ath (NTJ), est responsable de ces attentats meurtriers. Ce mouvement avait fait il y a dix jours l’objet d’une alerte diffusée aux services de police, selon laquelle il préparait des attentats contre des églises et l’ambassade d’Inde à Colombo. Les services de sécurité enquêtent sur d’éventuels liens entre le NTJ et des groupes étrangers.

La vie semble avoir repris, même si les autorités sri-lankaises ont conseillé aux gens de rester chez eux ce lundi. Un nouveau couvre-feu a été décrété pour la nuit de lundi à mardi. Les plateformes de réseaux sociaux, principalement Facebook et WhatsApp restent largement inaccessibles dans le pays. C’est principalement pour éviter la propagation de fausses rumeurs ou de messages et photos incitant à la haine envers certaines communautés religieuses. Selon la police, un cocktail molotov a été lancé contre une mosquée et plusieurs commerces appartenant à des musulmans ont été incendiés dans l’Ouest du pays. Alors que l’hypothèse de l’implication d’extrémistes bouddhistes avait également été avancée pour expliquer ces attentats terroristes les plus meurtriers depuis dix ans.

Plus tôt, le Premier ministre avait avoué que la police sri-lankaise avait eu vent de la préparation d’attentats la semaine dernière, mais qu’il n’avait pas pu agir à temps. Les services de renseignement sri-lankais sont réputés pour être gangrenés par des querelles internes exacerbées par la crise politique dont le Sri Lanka a été le théâtre l’année dernière, ce qui expliquerait donc ce manquement à la sécurité.

Ces informations, que le gouvernement distille au compte-goutte, risquent d’exacerber les tensions, déjà fortes, entre la majorité bouddhiste, qui représente 70% de la population, et la communauté musulmane, qui représente 10%.  Il est fait maintenant état de 24 suspects arrêtés depuis dimanche. Ils seraient tous de nationalité sri-lankaise selon la police qui doit les interroger. Une camionnette blanche, qui aurait servi a acheminer les suspects, a également été interceptée et son chauffeur placé en détention.

Selon la police sri-lankaise, les explosions, qui ont ciblé 3 églises et plusieurs hôtels de luxe, ont été provoquées par des kamikazes. Ils étaient au nombre de sept et ont tous péri dans les attentats.

Dimanche soir, un engin explosif artisanal a également été découvert à proximité de l’aéroport de Colombo. Mais pour l’heure on ne connait toujours pas les motivations derrière cet attentat, ni l’organisation qui en est à l’origine.

 

  • Imran Khan a entamé dimanche 21 avril une visite de deux jours en Iran. C’est la première fois qu’il se rend chez son voisin iranien depuis son entrée en fonction en juillet 2018. Ce lundi, il doit rencontrer le président iranien Hassan Rohani. Au menu des discussions : « la lutte antiterroriste et la protection des frontières ». Un sujet brûlant au cœur de vives tensions entre les deux pays qui partagent une frontière de 900 kilomètres de long qui traverse la province du Baloutchistan, à cheval sur l’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan.

Le Pakistan majoritairement sunnite et l’Iran chiite ne cessent de s’accuser mutuellement d’héberger des terroristes à l’origine d’attaques perpétrées sur leur sol.

Il y a trois jours, 14 passagers d’un bus circulant dans la province du Baloutchistan pakistanais ont été tués par des hommes armés se revendiquant d’un groupe séparatiste baloutche. Ces derniers venaient d’Iran ou ils s’entraînent dans des camps, a affirmé le ministre pakistanais des Affaires étrangères. En janvier dernier, l’Iran accusait le Pakistan et son allié saoudien d’avoir soutenu un groupe djihadiste à l’origine d’un attentat-suicide qui a fait 27 morts parmi les Gardiens de la révolution qui étaient à bord d’un bus. L’attaque avait eu lieu dans la région Sistan-et-Balouchistan en Iran, près de la frontière avec le Pakistan.

Mais au-delà du volet sécuritaire dont le règlement pourrait atténuer la tension entre Téhéran et Islamabad, force est de souligner que les deux pays n’entendent nullement abandonner les projets économiques qui le pré-qualifient à intégrer la vaste stratégie chinoise des routes de la soie. Une ligne de chemin de fer est en négociation, mais pas que… Pour rappel, Islamabad qui avait accueilli il y a quelques semaines une forte délégation saoudienne avait bénéficié de contrats estimés à 20 milliards de dollars. Alors que le nouveau patron de l’Exécutif pakistanais avait opposé son niet à tout investissement militaire au Yémen, comme le revendiquait Riyad.

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