Destitution de D. Trump: N. Pelosy passe à la vitesse supérieure
Destitution de D. Trump: N. Pelosy passe à la vitesse supérieure

La leader des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, a donné, jeudi 5 décembre, une nouvelle impulsion à la procédure de destitution contre Donald Trump, en demandant que soit rédigé l’acte d’accusation contre le président américain, coupable, selon elle, d’«abus de pouvoir».

Nancy Pelosi a demandé à la commission judiciaire de la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, d’entamer la rédaction des articles de mise en accusation du président (« impeachment » en anglais).
« Le président ne nous laisse pas d’autre choix parce qu’il a de nouveau essayé de corrompre nos élections pour son propre bénéfice », a-t-elle justifié sur un ton solennel.
Il « a commis un abus de pouvoir, affaibli notre sécurité nationale et mis en danger l’intégrité de nos élections », a-t-elle assené.

Les démocrates ont ouvert une enquête en destitution contre D. Trump après avoir appris qu’il avait demandé à l’Ukraine d’enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle de 2020.

Leurs investigations, marquées par l’audition de 17 témoins, ont montré qu’une invitation à la Maison Blanche au président Volodymyr Zelensky avait été conditionnée à l’annonce des investigations sur J. Biden.
Une aide de près de 400 millions de dollars destinée à l’Ukraine, en conflit armé avec la Russie, a, selon de hauts responsables, également servi de moyen de pression.

Après cette phase d’enquête, les parlementaires ont entamé mercredi le débat juridique pour savoir si les faits reprochés au président correspondent à l’un des motifs de destitution prévus par la Constitution : « trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs ».

Trois prestigieux constitutionnalistes invités par les démocrates ont répondu par l’affirmative alors qu’un quatrième, convié par les républicains, a jugé les preuves « insuffisantes ».

Sur cette base, N. Pelosi a souhaité passer à la mise en accusation du président.
« Nous le faisons sans joie », a-t-elle précisé lors d’une conférence de presse marquée par un vif échange avec un journaliste.
Celui-ci a sous-entendu qu’elle était animée par une « haine » envers Donald Trump.
« Je suis catholique, a-t-elle répliqué, je ne déteste personne. Je prie tout le temps pour le président. Il ne faut pas me chercher avec ce type de mots ! »

Malgré cette mise en garde, le leader de la minorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy, a accusé les démocrates d’être motivés par leur « animosité » envers le président. Selon lui, il n’y a « ni corruption, ni entrave à la justice ni abus de pouvoir » dans l’affaire ukrainienne.

Ces chefs d’accusation pourraient figurer dans les articles qui seront mis au vote en séance plénière à la Chambre des représentants, sans doute avant Noël.

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