Une majorité d’Américains dit soutenir la décision des démocrates de la Chambre d’ouvrir une enquête de destitution contre le président américain Donald Trump, selon un sondage publié par la Washington Post-Schar School.

Près de trois républicains sur dix ont indiqué qu’ils étaient favorables à l’ouverture d’une enquête de destitution contre le président, ainsi que 57% des indépendants et 86% des démocrates.
Environ les deux tiers des Américains pensent que l’appel téléphonique de D. Trump avec le président ukrainien était inapproprié, 43% très inapproprié et 17% plutôt inapproprié. Environ un tiers ont déclaré que la requête de Trump à son homologue ukrainien d’enquêter sur son rival politique Joe Biden était appropriée.
Ce nouveau sondage signale qu’un nombre de plus en plus significatif d’Américains soutient le lancement d’une procédure de destitution contre le Locataire de la Maison Blanche, alors qu’ils étaient 37% seulement à partager cet avis en juillet dernier.

L’enquête de destitution annoncée par la Présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, porte sur l’appel téléphonique du président Trump avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, après qu’un lanceur d’alerte anonyme eut déposé une plainte à son sujet.

Mardi 8 octobre, le Congrès a essuyé le refus de la Maison Blanche, ainsi que l’ensemble de l’administration, de coopérer à l’enquête en cours en vue d’une éventuelle procédure de destitution qui manque de légitimité.
« Étant donné que votre demande n’a pas de fondation constitutionnelle légitime ou le moindre semblant d’impartialité (…), le pouvoir exécutif ne peut être tenu d’y participer », a indiqué Pat Cipollone, avocat de la présidence, dans un courrier envoyé à Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants.
Cette annonce intervient alors que les élus démocrates ont assigné la Maison Blanche, la sommant de fournir les documents nécessaires à l’enquête.
Sont notamment concernés par cette injonction le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui a écouté l’appel entre D. Trump et V. Zelensky à l’origine du scandale, l’avocat personnel du président Rudy Giuliani, ainsi que le Pentagone et le responsable budgétaire de la Maison Blanche.

Dans le cadre de cette assignation, la Maison Blanche a jusqu’au 15 octobre pour fournir les documents demandés.
À l’inverse des bureaux présidentiels, le Pentagone a publiquement déclaré jeudi se préparer à coopérer avec le Congrès sur l’enquête.

Parmi les griefs de l’exécutif, Pat Cipollone met en exergue l’absence de vote à la Chambre pour déclencher ce processus.
« Pour faire simple, vous essayez d’annuler les résultats de l’élection de 2016 et de priver les Américains du président qu’ils ont librement choisi », reproche-t-il.
« Le président doit diriger le pays », conclut-il dans cette lettre de huit pages.

Mardi dernier, D. Trump avait interdit à l’ambassadeur US auprès de l’Union Européenne, Gordon Sondland, de témoigner – devant les élus, qualifiant les auditions organisées par l’opposition au Congrès sur l’affaire ukrainienne de « tribunal bidon ».

Les démocrates espèrent désormais entendre vendredi l’ancienne ambassadrice des États-Unis à Kiev, Marie Yovanovitch, que Donald Trump avait critiquée lors de l’appel.
La procédure de destitution risque de se heurter au Sénat, républicain acquis, en théorie, à D. Trump. Signe de la contre-attaque républicaine, Lindsey Graham, sénateur et grand allié du président, a annoncé ce mardi qu’il comptait inviter l’avocat personnel de D. Trump, l’excentrique Rudy Giuliani, à témoigner sur des affaires présumées de “corruption” en Ukraine.
Ainsi, les républicains comptent donner une plateforme solennelle aux soupçons que l’avocat propage depuis des mois sur les Biden, également au cœur de l’affaire ukrainienne.

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