Détente politique au Cameroun: La grâce présidentielle de la partie
Détente politique au Cameroun: La grâce présidentielle de la partie

Au moment où le « grand dialogue national » se déroulait dans la capitale camerounaise, Paul Biya a ordonné la libération de 333 détenus liés à la crise anglophone.
Une mesure, certes limitée, qui est de nature à encourager la détente politique dans le pays.

C’est via un tweet que le Président Paul Biya a annoncé lui-même la nouvelle.
«J’ai décidé ce jour de l’arrêt des poursuites pendantes devant les tribunaux militaires contre 333 personnes arrêtées et détenues, pour des délits commis dans le cadre de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.»

Ainsi, cette mesure ne concerne a priori pas les personnes déjà condamnées dans le cadre de cette crise, à l’instar du leader séparatiste Julius Ayuk Tabe, président autoproclamé de l’Ambazonie, qui purge depuis quelques mois une peine de prison à perpétuité dans la prison centrale de Yaoundé.

Cette décision a aussitôt été portée, en fin d’après-midi, par le Premier ministre au Palais des congrès, qui abrite le « grand dialogue national » sur la crise anglophone.
C’est « une mesure d’apaisement » que le président « a voulue pendant que nous continuons nos travaux », a déclaré Joseph Dion Ngute.

Après l’annonce de cet arrêt des poursuites contre ces 333 prisonniers, les commissions ont dévoilé leurs propositions de résolutions.
Le «grand dialogue national» opte pour la décentralisation, telle qu’elle est déjà prévue dans la Constitution de 1996 mais qui n’a jamais été réellement mise en œuvre.
Un statut spécial sera accordé aux deux régions anglophones.
Cette proposition écarte de fait le fédéralisme demandé par plusieurs personnalités anglophones présentes à ces assises.
Ces assises ont été convoquées par le chef de l’État pour ramener la paix dans les deux régions anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest.
Les rapports des 8 commissions ont été adoptés en séance plénière jeudi.
La tutelle de l’État sera allégée de manière substantielle.
Quant à la question du transfert des ressources aux collectivités locales, la commission propose une fourchette de 10 à 15% des recettes de l’État.
Autre recommandation : « Les participants ont insisté sur la nécessité de l’établissement d’une feuille de route, d’un chronogramme et d’un organe de suivi de la mise en œuvre des recommandations. »
Ces résolutions n’impliquent aucune modification de la Constitution.
La décentralisation est déjà inscrite dans la Constitution de 1996 mais elle n’avait jamais été réellement mise en œuvre.

Le « grand dialogue » se prononce également pour la création d’une commission « Vérité, Justice et Réconciliation », le renforcement de l’anglais dans les administrations et les services publics et l’introduction de la double nationalité pour la diaspora.
L’ensemble des résolutions seront soumises à l’appréciation du chef de l’État.

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