Selon des sources médicales et l’armée, six personnes ont été tuées dans des incidents lundi soir à Khartoum aux abords du sit-in traditionnellement organisé tout près du QG de l’armée soudanaise. Au même moment, le Conseil militaire, qui assure l’intérim depuis la destitution du président Omar el-Béchir, et les représentants de la société civile sont parvenus à une première salve d’accords portant sur la structure du futur gouvernement de transition.

Les tensions ont commencé en fin de journée, lundi, au moment où des groupes de manifestants qui convergeaient vers le sit-in ont été stoppés par les forces de sécurité. On a pu entendre des tirs nourris et plusieurs personnes ont été prises en charge par les médecins bénévoles.

Durant la nuit, d’autres manifestants sont venus grossir les rangs des protestataires qui occupent, depuis le 6 avril, les abords du quartier général de l’armée. Dans une grande confusion, certains affirmant que des miliciens les auraient attaqués et les forces de sécurité assurant, elles, que des manifestants les auraient agressées.

Ces nouvelles violences surviennent au moment où le Conseil militaire et les représentants civils sont parvenus à s’entendre sur un premier raccord relatif à la structure du futur gouvernement de transition, c’est-à-dire comment sera dirigé le pays jusqu’aux prochaines élections, qui devraient se tenir dans deux ou quatre ans. Les protagonistes devaient reprendre les discussions politiques mardi. En tout cas, le Conseil militaire n’a pas cherché à occulter l’incident meurtrier qui a couté la vie à un officier et à cinq manifestants en accusant les auteurs de chercher à torpiller le processus. Plus, on laisse aussi filtrer que l’actuel patron du Conseil militaire aurait échappé à une série d’attentats qui le visaient. Les trois démissions qu’il avait présenté au autres membres du Conseil ont toutes été rejetées…

Force est de souligner que le procureur général soudanais avait annoncé, lundi 13 mai, l’inculpation de l’ex-président du Soudan, Omar el-Béchir, pour « le meurtre de manifestants » durant les protestations contre son régime en décembre dernier. Une première dans ce pays qui sort à peine de plus de trente ans de dictature.  « Omar el-Béchir et d’autres [personnalités] ont été inculpés pour incitation et participation au meurtre de manifestants », écrit-il dans un communiqué.

Le 11 avril dernier, après plusieurs mois de manifestations de rue, l’armée soudanaise a évincé du pouvoir le président Omar el Béchir qui était à la tête du pays depuis 1989.

L’inculpation d’Omar el-Béchir coïncide avec un nouvel accord de transition trouvé, lundi 13 mai, entre les généraux soudanais et les représentants de la contestation populaire. « Au cours de la réunion d’aujourd’hui [lundi], nous nous sommes mis d’accord sur la structure d’un Conseil souverain qui inclura des représentants des militaires et des civils » a déclaré le général Taha Osman, ancien proche du président déchu, dont il a été l’un des plus influents conseillers. « Les discussions de demain [mardi] vont porter sur la composition du (nouveau) conseil. »

 

 

 

 

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