Le gouvernement décrié sur plusieurs fronts tente de siphonner la tension sociale en donnant du mou dans ses relations tendues avec les syndicats. Ainsi, les réunions entre les divers partenaires sociaux (syndicats et patronat) supervisées par l’Intérieur (et non plus par le ministre de l’Emploi) se sont multipliées pour désamorcer la crise de confiance qui a marqué de son empreinte les divers rounds.

Une offre a été faite dans ce cadre-là aux syndicats, en amélioration par rapport à la dernière proposition. Elle comprend désormais une augmentation de 10% du SMIG et du SMAG sur 2 tranches. Le SMIG horaire est depuis 2015 de 13,46 DH (environ 2.500 DH par mois) et le SMAG journalier est de 69,73 DH (environ 1.800 DH par mois).

Pour les fonctionnaires, le gouvernement propose une augmentation couvrant toutes les échelles, contrairement à son ancienne offre qui ne concernait, elle, que les fonctionnaires des échelles inférieures à 10 échelon 5. Elle est de l’ordre de 500 DH pour les fonctionnaires inférieurs à l’échelle 10, échelon 5 (contre 400 DH auparavant et 300 DH dans l’offre initiale) et de 400 DH pour les fonctionnaires à partir de l’échelle 10, échelon 6.

Ces augmentations seront versées sur trois étapes au cours d’un an et demi. Le premier versement de 200 DH sera fait à partir du 1er mai, le deuxième en janvier 2020 et le troisième en janvier 2021.

Le gouvernement maintient l’augmentation de l’allocation familiale de 100 DH par enfant, pour les trois premiers enfants.

En tous les cas, si les syndicats acceptent cette proposition, la question du financement de cette offre sera posée. En effet, si l’augmentation proposée du SMIG et SMAG ne coûtera rien à l’Etat vu que le salaire minimum dans la fonction publique est déjà de 3.000 DH, les autres augmentations auront un impact lourd sur le budget général où la masse salariale pèse déjà beaucoup.

La dernière offre du gouvernement devait coûter près de 7 Mrds de DH.

Reste à savoir si le train du dialogue social qui s’est ébranlé de la sorte accrochera aussi, dans sa dynamique, les autres revendications et doléances des fonctionnaires et de la classe ouvrière, comme l’exigent plusieurs centrales syndicales. Il en va ainsi aussi de l’institutionnalisation du dialogue tripartite, l’augmentation des salaires de l’ensemble des fonctionnaires, la hausse du SMIG, l’application du reliquat de l’accord de 2011 et le respect des libertés syndicales.

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